LA LITTÉRATURE ET LA SCIENCE. 4G
ducteurs lui gardèrent rancune, quoique l'attaque fût Légère. Us étaient en nombre à l'Ara demie ; s'il n'avait tenu qu'à eux, Marivaux n'y serait pas entré l.
Ailleurs les réunions de beaux esprits ainsi classés sont décrites et mises en scène avec un art qui sent bien son auteur dramatique. Dans le particulier, ces beaux-esprits sont « de fort honnêtes gens, de la plus aimable société du monde, raisonnables autant que spirituels; se trouvent-ils ensemble, vous ne les connaissez plus; ils sont à l'instant saisis de la fureur d'avoir plus d'esprit les uns que les autres ». Le récit d'une de ces discussions, où chacun, échauffé parla contradiction, grisé par sa propre parole, étale naïvement sa vanité pour le plus grand plaisir du spectateur, est une excellente scène de comédie -.
Malgré ces plaisanteries, et d'autres du même genre, contre les ridicules des beaux-esprits, Marivaux n'entendait nullement discréditer et rabaisser la littérature elle-même. Au contraire, il avait de celle-ci une très haute idée et ne voyait rien qui lui fût supérieur. Dès 1718, à une époque où les savants, mathématiciens, physiciens, etc., ne laissaient nullement prévoir qu'ils dussent un jour prendre la direction exclusive des esprits et" imprimer leur marque à toute la seconde moitié du siècle, mais où ils détournaient déjà à leur profit une part considérable de L'attention publique 3 et ne cachaient pas leur