‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 55 sur 345 · Dans le Cabinet du philosophe, première feuille · texte numérisé non relu

Dans le Cabinet du philosophe, première feuille

3. Voir d'Alembert, p. 600 : >< 11 tournait en ridicule ces prétendus mécréants, qui ont beau faire, ajoutait-il encore assez plaisamment, pour s'étourdir sur l'autre monde, et qui finiront par être sauvés malgré eux. C'est ce qu'il dit un jour en propres termes à quelqu'un de ces esprits forts; et l'esprit fort fut très blessé, comme on peut le croire, de l'assurance qu'on lui donnait de son salut. » — •< Son zèle s'anima plus d'une fois contre les railleries et les vains raisonnements des esprits forts. » (De La Porte, Préface de 1765, p. xvi.)

sur bien des points elle est plus crédule qu'eux ' ». A l'occasion, il relevait d'un mot les témérités de pensée commises devant lui. Un soir, chez Mme de Tencin, Bolingbroke, qui joignait, parait-il, à une incrédulité hardie beaucoup de menues superstitions, terminait, aux applaudissements de l'assistance, une profession de doctrines, dont on devine la nature : « Si vous ne croyez pas, milord, observe Marivaux, du moins ce n'est pas faute de foi 2. » 11 convient d'ajouter que Marivaux lui-même, s'il avait la foi, avait aussi quelque tendance à la superstition; nous verrons plus loin la singulière histoire qu'il racontait sur l'annonce de sa mort que devait lui faire un inconnu rencontré à Lyon au temps de sa jeunesse 3. Un autre jour en présence de Fontenelle, quelqu'un essayait de l'entraîner dans une discussion sur la nature de l'âme; Marivaux résistait et son interlocuteur en appelait à l'avis de Fontenelle : « Vous perdrez votre peine, lui dit Marivaux, M. de Fontenelle

Page 1