‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 80 sur 345 · D'Alembert, p · texte numérisé non relu

D'Alembert, p

vais, dit d'Alembert que les portes de la Compagnie fussent ouvertes à l'auteur de Marianne et d'Annibal, dans le temps qu'elles étaient fermées à celui de la Benriade et de Zaïre '. » Marivaux n'est pas plus l'auteur d'Amiibal que Voltaire celui de la Henria.de : la gloire du premier n'a jamais été là et celle du second n'y est plus. La postérité se contente de trouver bon, à distance, que l'un et l'autre aient fait partie de l'Académie française, mais elle ne s'indigne pas trop que Marivaux y soit entré avant Voltaire. Celui-ci n'était pas encore, en 1742, le génie incontesté, le patriarche littéraire qu'il devint ensuite. C'était déjà assurément le plus illustre des auteurs tragiques et un grand historien, mais c'était aussi, et avant tout, le plus violent, le moins scrupuleux et le plus redouté des polémistes 2.

Quant à Marivaux, avec sa candeur habituelle, il fut de l'avis de ses adversaires : « Il disait sincèrement qu'on lui avait fait trop d'honneur et qu'il n'avait pas assez de mérite pour être élu 3. »

Il prit séance le 4 février 1743, le même jour que le duc de Nivernois . Les solennités académiques n'étaient pas moins suivies au xvme siècle que de nos jours; à la réception de Marivaux, qui tenait à la fois

1. D'Alembert, p. 616, n. 2. Il se croit obligé de plaider les circonstances atténuantes du choix de l'Académie : •< Si Pline el Liicain eussent vécu du temps de Cicéron et de Virgile, et qu'il y eût eu dans Rome une Académie, croit-on qu'il eût été juste d'y refuser à Lucain et à Pline une place au-dessous de l'orateur et du poète latins? » Mais, toujours la même colère et la même excommunication contre le ■ bétail esclave » des imitateurs de Marivaux, contre les « détestables copistes d'un mauvais genre. >

2. Voir, sur les obstacles de tout genre que Voltaire, par son intempérance île lanf^'e el de plume, se créait, comme à plaisir, pour son entrée à l'Académie, Desnoiresterres, t. II, p. 354.

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