‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 174 sur 360 · Le Triomphe de Plutus, scène n · texte numérisé non relu

Le Triomphe de Plutus, scène n

je vous ai faits. Vous vous passerez bien de moi avec cela, n'est-ce pas *? »

Voilà, ce semble, un dénouement tout à la vantage de Plutus, c'est-à-dire du personnage le moins sympathique de la pièce. C'est que, pour rester dans la vérité, Marivaux renonce à la convention en vertu de laquelle, au dénouement de toute comédie, le vice doit être puni et la vertu récompensée. La moralité de la pièce est dans la laideur du caractère de Plutus, dans la grossièreté de ses sentiments et de son langage, et aussi dans son mépris trop justifié pour les hommes. Elle est dans des traits comme ceux-ci : « Un homme comme moi! s'écrie Plutus, c'est un trésor. » Il a raison : ce n'est môme que cela. « Homme de mérite, lui ! dit-il de son rival, il n'a pas le sou 2. » Ni l'art ni la morale ne gagnent à une moralité de convention; un écrivain sert la morale par cela seul qu'il peint de couleurs vraies le vice, même triomphant; pourvu qu'il inspire la sympathie pour l'honnêteté vaincue, son œuvre est saine et bonne. Mais, si c'est là une vérité, elle a du mal à faire son chemin ; on la discute encore à cette heure, et, surtout au théâtre, un auteur ne fait pas admettre sans peine un dénouement défavorable à la vertu '/ Marivaux un des premiers eut le courage de rompre en ceci avec une convention affadissante.

Écrites d'un style coulant, d'une allure un peu traînante et nonchalante, relevées de grâce facile,

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