‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 2 sur 360 · DE LA NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE ÉDITION

Sous sa première forme, le présent livre était i très long; en l'allégeant de notes, en serrant mes

analyses et en supprimant tout ce qui était de ^ pure érudition ou de simple curiosité, je l'ai

*n réduit de près d'un tiers. J'espère, cependant,

4 n'en avoir rien enlevé de vraiment utile au

* sujet. J'avais alors à plaider pour Marivaux sur

bien des points où il est absous aujourd'hui; ainsi plusieurs de mes preuves, autrefois nécessaires, devenaient inutiles. En outre, j'ai pu me rendre compte, à distance, que j'avais trop cédé au désir naturel chez un débutant de dire tout ce qu'il sait, à la complaisance d'un critique pour son auteur, à la déférence d'un jeune homme pour ses devanciers. J'ai soumis le fond et la forme de mon travail à une revision attentive; pourtant j'ai résisté à la tentation de le récrire. Un livre doit porter sa date; à vouloir trop se corriger dans le passé, on risque de gâter ce que

Vin AVERTISSEMENT DE LA NOUVELLE ÉDITION.

Ton a pu faire de bon. C'est donc bien le même livre que je publie de nouveau, à dix ans de distance.

Depuis l'époque où j'écrivais, Marivaux a beaucoup gagné dans la faveur de la critique et du public. Au lecteur de décider si le présent travail est pour quelque chose dans ce résultat, mais il m'appartient de signaler les appréciations de trois écrivains qui me semblent, entre tous, avoir fait valoir les titres de Marivaux. Après une première étude sur Marivaux auteur dramatique, M. Ferdinand Brunetière a étudié Marivaux romancier avec son autorité et son originalité habituelles * ; M. Jules Lemaltre a défini en termes d'une justesse charmante ce mélange unique de poésie et de réalisme qui distingue son théâtre1; récemment, M. Emile Faguet lui a donné place dans ses belles et courageuses études sur le dixhuitième siècle 3.

La première édition de ce livre était dédiée à celui de mes maîtres qui avait été son premier juge et lui avait servi de garant devant la Faculté des Lettres de Paris. Je dois maintenant associer à ma reconnaissance envers lui deux de ses camarades de l'Ecole normale, qui, au sortir de la Sorbonne, m'ont rendu le même service devant le public. Le regretté Caro lui fit l'honneur de le

1. Nouvelles études critiques sur l'histoire de la Littérature française, 1882, et Éludes critiques^ troisième série, 1887. Marivaux a été aussi l'objet d'une de ses conférences au théâtre de l'Odéon, publiées dans ses Époques du Théâtre-Français, 1892.

Page 1