‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 209 sur 360 · LE STYLE · texte numérisé non relu

LE STYLE

Marianne adresse son histoire à une amie qui, en ayant entendu raconter une partie, désire la connaître tout entière. Jacob, le paysan parvenu, s'amuse à écrire la sienne, d'abord parce qu'il espère que ce récit « ne sera pas inutile à ceux qui aiment à s'instruire 4 », et aussi parce que, retiré à la campagne, il doit à son loisir un goût de réflexion. Il faut donc s'attendre, des deux côtés, aux lenteurs complaisantes et au tour raisonneur que le souvenir de leurs propres aventures inspire d'ordinaire à ceux qui se racontent eux-mêmes. Nous y trouverons aussi la vivacité d'impression que ne saurait avoir la narration impersonnelle. Quant au style, ce sera, surtout dans Marianne, celui de la conversation. Marianne a soin de nous en prévenir : « Je vais comme je puis; je n'ai garde de songer que je fais un livre,... je m'imagine que je vous parle, et tout passe dans la conversation *. »

Ce style de la conversation est souvent le charme, parfois un ennui des romans de Marivaux. Ce n'est pas sans raison que le brillant causeur avait adopté une forme où il excellait; de plus, en sa qualité d'homme de théâtre, il l'employait avec autant d'aisance la plume à la main que de vive voix. Chez

d'œuvre du roman à cette époque, G il Bios, le Neveu de Rameau, la Religieuse, Manon Lescaut, Paul et Virginie sont des récits personnels.

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