‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 211 sur 360 · LES RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

LES RÉFLEXIONS

qu'elle expose et dévide avec complaisance; de là, non seulement des lenteurs, mais une sorte de « pédanterie couleur de rose * ». On le fait observer h Marivaux *, qui répond, avec un peu d'aigreur : « Qu'on leur donnât (aux critiques) un livre intitulé Réflexions sur l'homme, ne le liraient-ils pas volontiers si les réflexions en étaient bonnes?... Pourquoi donc les réflexions leur déplaisent-elles ici, en cas qu'elles n'aient contre elles que d'être des réflexions?» Puis il s'efforce de prouver que celles de Marianne son l parfaitement naturelles :

Marianne n'a point songé à faire un roman. Son amie lui demande l'histoire de sa vie, et elle écrit à sa manière. Marianne n'a aucune forme d'ouvrage présente à l'esprit. Ce n'est point un auteur; c'est une femme qui pense, qui a passé par différents états, qui a beaucoup vu; enfin, dont la vie est un tissu d'événements qui lui ont donné une certaine connaissance du cœur et des caractères des hommes, et qui, en contant ses aventures, s'imagine être avec son amie, lui parler, l'entretenir, lui répondre ; dans cet esprit-là, elle mêle indistinctement les faits qu'elle raconte aux réflexions qui lui viennent à propos de ces faits; voilà sur quel ton le prend Marianne. Ce n'est, si vous voulez, ni celui du roman, ni celui de l'histoire, mais c'est le sien ; ne lui en demandez pas d'autre. Figurez-vous

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