‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 239 sur 360 · Le Paysan parvenu, quatrième partie · texte numérisé non relu

Le Paysan parvenu, quatrième partie

Mlle Vàrthon entre Valville et Marianne, elle a su tenir la balance égale entre son fils selon la nature et sa fille selon le cœur. Si dur pour les mères dans son théâtre, Marivaux a tracé ici, de l'affection et de l'autorité maternelles, une image presque idéale. Qualités de l'esprit et du cœur, Mme de Miran possède tout; simple, sans amour-propre, songeant toujours aux autres, jamais à elle-même, le fond de son caractère est la bonté, vertu peu commune alors, ou même un peu ridicule, dans les hautes classes : « Fût-il question des choses les plus indifférentes, Mme de Miran ne pensait rien, ne disait rien qui ne se sentît de cette abondance de bonté qui faisait le fond de son caractère. Et n'allez pas croire que ce fût une bonté sotte, aveugle, de ces bontés d'une âme faible et pusillanime, et qui paraissent risibles même aux gens qui en profitent. Non, la sienne était une vertu; c'était le sentiment d'un cœur excellent; c'était cette bonté proprement dite qui tiendrait lieu de lumière, même aux personnes qui n'auraient point d'esprit. » Ceci n'est point le cas de Mme de Miran : « C'était de ces esprits qui satisfont à tout sans se faire remarquer en rien; qui ne sont ni forts, ni faibles, mais doux et sensés; qu'on ne critique ni qu'on ne loue, mais qu'on écoute f. »

Mme Dorsin, amie intime de Mme de Miran, est digne d'une telle amie, mais, si Mme de Miran est avant tout femme de cœur, Mme Dorsin serait plutôt femme d'esprit. Elle est fort belle, mais son visage charme surtout par l'expression : « Ajoutez une âme qui passe à tout moment sur cette physionomie ; qui va y peindre tout ce qu'elle sent; qui y répand l'air de tout ce qu'elle est ; qui la rend aussi spirituelle,

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