‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 263 sur 360 · Ibid., cinquième partie · texte numérisé non relu

Ibid., cinquième partie

la pitié; il n'y a plus d'estime possible pour ce

malheureux, chez qui la dévotion n'était qu'un auxi- |; liaire de la débauche, le repentir qu'un subterfuge

prévu depuis longtemps, la foi qu'un calcul à l'égard de Dieu '.

En traçant le portrait de M. de Climal, Marivaux, p.. s qui faisait peu de cas de Molière, aurait cédé, s'il faut

en croire ses contemporains *, à la même tentation que La Bruyère dans le portrait d'Onuphre, celle de corriger Tartufe. On pourrait appliquer à M. de Climal ce que Sainte-Beuve disait d'Onuphre : « Ce n'est qu'une ingénieuse reprise et une réduction du même personnage à un autre point de vue, au point de vue du portait et non plus à, celui de la scène 3 ». Le théâtre veut des personnages vivants et agissants; le roman et les études morales se contentent de portraits. Marivaux pensait peut-être, comme La Bruyère, que Tartufe va trop vite, qu'un hypocrite a plus de mesure et d'adresse, n'exagère rien, prend mieux ses précautions, etc. Aussi, comme La Bruyère, s'efforce-t-il de corriger le type créé par Molière. Par exemple, dans la déclaration de M. de Climal, les transitions sont

1. Je dois dire que, depuis Duviquet jusqu'aux récents critiques de Marivaux, la confession finale de M. de Climal a fait apprécier son caractère avec beaucoup plus d'indulgence. Voir Duviquet, t. VI, p. 121; de Lescure, Éloge, p. 102; C. Gossot Marivaux moraliste \ p. 81.

2. « Il avait pour ce comique incomparable une invincible antipathie; il en convenait même de bonne foi. * (Vie de Marivaux, p. 7, dans la Galerie française.) « Il avait le malheur de ne pas estimer beaucoup Molière, et le malheur plus grand de ne pas s'en cacher. Il ne craignait pas même, quand on le mettait à son aise sur cet article, d'avouer naïvement qu'il ne se croyait pas inférieur à ce grand peintre de la nature. Il prétendait, par exemple, que le dévot M. de Climal, dont il a en effet si bien tracé le patelinage dans le roman de Marianne, était un caractère beaucoup plus fin que le Tartufe. » (D'Alembcrt, p. 590.)

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