Voir ci-après. Appendice
4. A l'occasion de l'une d'elles, un critique du temps déclare à Marivaux qu'il force son talent, et lui signifie nettement le solve ssnescentem : « Si ce célèbre et très aimable académicien osait me croire, il s'en tiendrait à la réputation qu'il s'est justement acquise par ses Surprises de l Amour, par sa Mu' rianne et son Paysan parvenu; mais il est de l'Académie; il faut soutenir cette dignité, et il pense le faire en forçant son génie par des sujets qui lui répugnent : c'est ainsi qu'une jolie femme se trompe tous les jours sur les intérêts les moins délicats de son amour-propre. Je puis me tnmiper à mon tour, mais c'est mon avis; tout ce que M. de Marivaux avait à nous dire de bon, il nous l'a dit plus d'une fois. » (Clément, Le*^ c«Hf/ années littéraires, 1. 1, p. 187).
ri. D'Alcmbert, p. ol6, n. 1. — D'après Piron (Lettres inédilcs à Vahbé Dumay, 1S84), c'est à la réception de Châteaubrun, en 1753, que lui arriva cette mésaventure.
moitié du siècle : d'Alembert, Diderot, Bufîoii remplaçaient l'école plus délicate que forte dont Marivaux était le plus aimable esprit; ce « souffle vigoureux de la philosophie », dont parle Grimm, elTeuillait les roses légères qui avaient paré la jeunesse du siècle. Les nouveaux venus reprochaient injustement à leur prédécesseur de manquer de sérieux et d'y prétendre en vain : la place n'était plus, disaient-ils, aux aimables diseurs de riens '.
Marivaux se prépara donc avec résignation à mourir dans le silence et la paix. Les croyances religieuses de sa jeunesse le consolèrent ; comme il arrive d'habitude, elles se réveillèrent plus vives aux approches de la fin, et il se donna tout entier à la piété, aux bonnes œuvres, aux lectures édifiantes. Une curieuse histoire, contée par La Place ^, le montre, dans ces dernières années, « avec tout l'esprit et toute la bonne philosophie dont un mortel peutêtre doué », mais « poussant la crédulité sur certaines matières jusqu'au point d'exciter la surprise la mieux fondée ». Un soir d'hiver, il arrivait chez La Place, au sortir de l'Académie, tout transi de froid, « ce qui me surprit d'autant plus, dit l'anecdoticr, que je savais de tous les temps combien sa sanlé lui était chère ». Sur un reproche amical de son hôte, il répondait : « Quels que soient les risques que je brave en sortant i)ar ce temps-ci, je crois, sur des raisons à moi connues, et dont je ne puis dout(;r, n'en avoir rien à craindre de funeste. » Et alors, il racontait l'histoire que voici. Durant sa première jeunesse, il avait eu l'occasion de faire un séjour à Lyon. Un jour, dans un café, il est « frappé par la