It)id., septième feuille
4. D'Alembert, p. 602, n. 2 : « Marivaux ne reconnaissait en aucun genre, en aucune nation, en aucun siècle, ni maître, ni
tout, èlre naturel; or, pour lui, <* être naturel, ce n"est pas écrire dans le goût de tel ou tel, ce n'est pas se mouler sur personne quant à la forme de ses idées, mais, au contraire, se ressembler tidèlemeni à soi-même, et ne pas se départir ni du tour, ni du caractère d'idées pour qui la nature nous a donné vocation ' ».
Il veut aussi être naturel dans son style. Il n'aime pas celui des auteurs et on sait qu'il prétend être auteur le moins possible : « Ils en ont un qui leur est particulier; on n'écrit presque jamais comme on parle; la composition donne un autre tour à l'esprit; c'est partout un goût d'idées pensées et réfléchies ». Il veut rompre avec ces habitudes de composition étudiée : « c'est la nature, c'est le ton de la conversation qu'il essayera de prendre »; il s'etVorcera « de saisir la tournure des idées familières et variées qui y viennent ». Ce ton, si différent selon lui du style auquel le théâtre a depuis longtemps habitué le public, ce ton plaira peut-être « comme singulier »; il voudrait qu'il plût « comme naturel »; on aurait tort d'y trouver trop d'esprit, de finesse, de recherche : <( entre gens d'esprit, les conversations dans le monde sont plus vives qu'on ne pense, et tout ce qu'un auteur pcutfaire pour les imiter, n'api)rochera jamais du feu et de la naïveté fine et subtile ({u'ils y mettent -. »
Marivaux se propose donc de représenter sous des couleurs vraies le monde dans lequel il vit, de le faire îigir et (1(! parler dans la reproduction exacle d(> son
inodch;, ni lu'ros el disait (|iiel(iucfois en plaisaiilanl sur ce sujet :
Jo ne sors ni Baal, ni \r Dicni il'Israi'l. »
\. Ln spectateur français, huiliémo feuille.