‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 138 sur 346 · Le Bourgeois gentilhomme, acte III, se. ix · texte numérisé non relu

Le Bourgeois gentilhomme, acte III, se. ix

5. L'abbé de La Porte, l'Observateur littéraire, 1739, t. I, p. 92.

contentes d'avoir mis à Tépreuve la patience de leurs amants et librement exercé aux dépens du mariage leur verve spirituelle, elles <i s'humanisent » et consentent à prendre un époux. Que seront-elles pour celui-ci? Marivaux ne le dit pas; sans doute parce queTamour conjugal n'est pas une sorte d'amour très dramatique. Une fois mariées, nous ne voyons plus ces jeunes filles déjà fort émancipées avant le mariage; si elles reparaissent, c'est en qualité de veuves, et alorS; elles s'empressent de reprendre leurs idées d'autrefois, avec plus de piquant, si c'est possible, et de liberté dans la coquetterie.

Deux caractères, une jeune fille et une jeune veuve, Sylvia, du Jeu de l'Amour et du Hasard^ et Araminte des Fausses Confidences, tranchent sur ceux dont nous venons de marquer les traits principaux, la première par sa franchise mêlée d'espièglerie, la seconde par sa droiture et sa bonté.

Très décidée à ne pas accorder sa main à la légère,— Sylvia n'a aucun éloignement de parti pris pour le mariage; seulement elle pense sur cette grave question comme Âlceste sur l'amitié :

Avec lumière et choix cette union veut naître; Avant que se lier il faut se mieux connaître *.

Klle dispenserait à la rigiu'ur son futur de bonne mine et de beauté : « Ce sont là des agréments superflus. Dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable qu'à l'aimable homme; je ne^ lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difjicilc ;i Irouver quj3n ne^pense *. » Elle se déguTse (lune III soiilirettc pour recevoir le prétendant qu'on

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