Acte III, se. V
sorlenl des classifications ordinaires, les courtisans Frédéric et Trivelin '.
On sait de quelle haine vigoureuse le xvif siècle poursuivait les vices de Thomme de cour. Par une conlradiclion singulière, prédicateurs, moralistes, auteurs dramatiques, tous admirateurs de la monarchie absolue et de ses gloires, ne cessent de dénoncer au mépris, avec une liberté qui nous étonne, les vices que la cour engendre fatalement. Bourdaloue frappe sur les courtisans « comme un sourd ^ », Massillon voit en eux le résumé de toutes les bassesses ^, Molière ne leur accorde en somme que le sens exquis des choses littéraires* et, sans parler de ses marquis ridicules, diseurs de riens ou rimeurs de sonnets, il trace avec don Juan le type effrayant du « grand seigneur méchant homme ^ »; La Fontaine fait provision, en leur compagnie, de traits malins qu'il sème tout le long de ses fables. Quant à La Bruyère, qui a passé sa vie avec eux, il leur consacre un chapitre entier de ses Caractères^ dans lequel, avec la cruauté froide d'une rancune longtemps amassée et ramertumc des humiliations dévorées en silence, il étale en pleine lumière leur laideur morale.
Le xviir" siècle continue la guerre, par la satire non plus désintéressée, mais pratique, et avec Tespérance d'un état social fondé sui' l'égalité. Alors tous les auteurs dramatiques, d'Allainval, dans VEcole des bourgeois, La Chaussée dans VEcole des Minces, Gresset dans le Méchant, La Noue dans la Coquette corrigée,