‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 220 sur 346 · Ibid., quatrième partie · texte numérisé non relu

Ibid., quatrième partie

de solliciteurs capables d'une telle générosité? Jacob n'a point seulement le courage moral; il sait à l'occasion payer bravement de sa personne, non pour luimême, ce qui serait trop naturel, mais pour autrui. Le hasard le conduit au milieu d'une querelle où trois hommes en attaquent un quatrième. Il y a foule autour des combattants : « En pareil cas, remarque Jacob, le peuple crie, fait du tintamarre, mais ne secourt point. » Pour lui, « sans hésiter et sans faire aucune réflexion, se sentant une épée au côté », il charge les trois agresseurs et les met en fuite K

De pareils traits, d'autres moins méritoires, mais qui montrent chez Jacob un grand fonds de bonté, et la prompte générosité de sentiments qui lui vient avec la fortune, relèvent l'ami peu délicat de Geneviève et de Mme de Ferval. Par là il vaut mieux que Gil Blas auquel on l'a souvent comparé.

Car cette comparaison s'impose. Gil Blas et le Paysan parvenu, en effet, suivent la môme donnée et tendent au même but. Dans les deux romans, le héros principal, parti de bas, s'élève assez haut; seulement les épreuves de Jacob sont moins nombreuses que celles de Gil Blas; la fortune le prend par la main, et, presque sans transition, le fait passer de l'antichambre au fauteuil du traitant; Gil Blas, au contraire, éprouve force revers avant de s'installer pour toujours au château de Lirias. Les infortunes du héros de Le Sage sont tout au profit du roman; plus Gil Blas éprouve de vicissitudes, i)lus son histoire a de variété, tandis que Jacob, brûlant les étapes, ne laisse à son historien que le mince iiil(''rêt d'un voyage sans incidents. C'est un grand

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