‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 237 sur 346 · Ibid., cinquième partie · texte numérisé non relu

Ibid., cinquième partie

3. On lit dans le portrait de Mme de Miran : « On ne prenait pas garde qu'elle était belle femme, mais seulement la meilleure femme du monde. Aussi, m'a-t-on dit, n'avait-elle guère fait d'amants, mais beaucoup d'amis, et même d'amies. » Et encore : ■• Mme de Miran avait plus de vertus morales que

romancier reprenait une habitude chère à rhôtel de Rambouillet. On pourrait en dire autant de plusieurs des portraits qui remplissent la Vie de Marianne et le Paysan parvenu. Ils ont un caractère trop personnel, pour n'être pas des études d'après nature. En commentant les portraits du Cyrus, Victor Cousin a pu écrire une histoire de la société française au XVII'' siècle; un historien de la société française au xviiF siècle aurait tort de négliger à ce point de vue la Vie de Marianne et le Paysan parvenu.

Pour ces portraits, comme pour toutes choses, Marivaux avait une théorie; elle montre à la fois le fort et le faible de son talent :

On ne saurait, dit-il, rendre en entier ce que sont les personnes; du moins cela ne me serait pas possible; je connais bien mieux celles avec qui je vis que je ne les délinirais; il y a des choses en elles que je ne saisis point assez pour les dire, et que je n'aperçois que pour moi, et non pas pour les autres; ou, si je les disais, je les dirais mal; ce sont des objets de sentiment si compliqués, et d'une netteté si délicate, qu'ils se brouillent dès que ma réllexion s'en mêle; je ne sais plus par où les prendi-e pour les exprimer; de sorte qu'ils sont eu moi, et non pas à moi '.

chrétiennes, rcspcctiiit plus les cxtn'ciccs de sa religion iju'cllc n'y satisfaisait; le tout avec plus de simplicité que de i)hilosophie. >' Très délicatement Marivaux parle aussi du genre d'esprit caustique, parfois dénigrant, que l'on redoutait chez Mme de Tencin (p. 285-287). On a vu plus haut (p. 136) avec quelle prévenance attentive s'exenjait à l'égard de Marivaux la générosité de Mme de Tencin; même bienfaisance chez Mme Dorsin : « Ce n'est pas elle que vous fatiguiez du soin de ce qui vous regardait, c'était elle (|ui vous en fatiguait; c'était vous qu'on pressait, qu'on avertissait, qu'on faisait ressouvenir de telle ou telle chose, qu'on grondait de l'avoir oubliée; en un nujt votre affaire devenait réellement la sienne. >■ On po\irrait continuer sur tout le portrait ce travail de conq^araison.

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