‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 240 sur 346 · Ibid., cinquième partie · texte numérisé non relu

Ibid., cinquième partie

suite d'aventures où circule une facile bonne humeur; ainsi V amené de Jacob devant le président, ses démêlés avec Mlle Habert aînée, avec M. Doucin, avec ses témoins, le voyage à Versailles, Tenlrevue avec M. Bono, etc. '.

La description est la grande ressource des romanciers à court d'invention. Au xvir- siècle, réduite partout ailleurs à sa véritable importance, elle se réfugie dans le roman et y règne en maîtresse : la Clélie et le Grand Cyrus, Cléopâtre et Cnssandre sont remplis moitié de portraits, moitié de descriptions. En vain Boileau proteste; le genre descriptif conserve sa faveur. Fénelon lui donne dans Télémaque une place parfois excessive; c'est que Télémaque est un roman. Même engouement descriptif au xviii^ siècle, où, non contente de régner dans le roman, la passion de décrire pour décrire envahit la poésie et donne son nom à tout un nouveau genre, aussi florissant et aussi stérile que chez les Alexandrins. Marivaux eut le mérite de résister à cet entraînement. Aucun romancier n'a usé moins que lui de la description sans autre but qu'ellemême. En effet, il était plus porté à l'observation morale qu'à la manie d'inventorier les objets matériels. Non qu'il séparât l'homme de son entourage nécessaire et le considérât comme vivant dans un monde immatériel; il décrit au besoin, mais en réduisant toujours la description à son vrai rôle, qui est de préciser une situation, de montrer dans les objets extérieurs à l'homme l'cmprcinle de ses idées et de ses passions, en un mol d'éclairer le moral par le physique. Jamais chez lui ce qui est proprement la

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