‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 261 sur 346 · Le Paysan parvenu, première partie · texte numérisé non relu

Le Paysan parvenu, première partie

répond-il à la proposition de son maître, dans notre village c'est notre coutume de n'épouser que des tilles. » Le financier s'étonne; dans son monde à lui, on est beaucoup plus accommodant : « Vous voyez, fait-il tout scandalisé, vous voyez les personnes qui viennent me voir; ce sont tous gens de considération, qui sont riches, qui ont de grands équipages. Savezvous i)ien que parmi eux il y en a quelques-uns qu'il n'est pas nécessaire de nommer, et qui ne doivent leur fortune qu'à un mariage qu'ils ont fait avec des Genevièves? »

Après Madame et Monsieur, on entrevoit l'enfant ', qui complète cette intéressante famille. Ni père, ni mère ne s'en occupent, il s'élève comme il peut, entre un valet qui le sert le moins possible, et un précepteur qui lui fait ses devoirs, ^ afin que la science de son écolier lui fasse honneur, et que cet liouncur lui conserve son poste de précepteur, qui est l'ort lucratif ».

Un brusque C()U[) du sort montre en action la morale de cette histoire : la fortune qui soutient cette vie de désordre s'en va, comme elle est venue, en un moment. Le financier meui-t d'apoplexie, « devant son bureau sur lequel était une lettre ébauchée de quelques lignes gaillardes, qu'il écrivait à une dame de bonne composition »; et aussitôt la débâcle commence. Les créanciers f(mdent sur la veuve, qui se réfugie au plus vite dans un couvent; les victimes de l'agioteur remplissent d'injures cette maison, ofi le mort est encore; les domestiques ]»illenl ])oiii' sr couvrir de hmrs gages. Dernier délnil «le celle ruine <ixpialoire, douloureux celui-ci, car il frappe un inno-

1. Pour être exact, il convient de dire que cet crfaiit n'est qn' " un neveu de province »; mais le propre lils du ménage linancier n'eût pas été élevé autninrnl.

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