‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 274 sur 346 · Le Spectateur français, troisième feuille · texte numérisé non relu

Le Spectateur français, troisième feuille

2. Voir ce portrait, trop long pour être cité ici, et comp. La Bruyère, Du Souverain ou de la République, g H. Montesquieu peint, lui aussi, les Nouvellistes (Lettres persanes, cxxx); il y a dans ce portrait plus d'esprit peut-être, mais à coup sûr moins de vie que dans celui de Marivaux.

qui s'étouffent et hausse les épaules d'un air de pitié. Il prend envie à Marivaux « de voir de près ce philosophe subalterne et d'examiner quelle forme peuvent prendre des pensées philosophiques dans la tète d'un homme qui raccommode des souliers »; il entre donc dans l'échoppe et cause longuement avec le savetier ^ Une autre fois, il se trouve sur un banc de promenade à côté d'un homme à « l'air pesant et taciturne », qui parait un sot; mais, pour ([ui vit au milieu des gens d'esprit, la conversation d'un sot a le mérite de la nouveauté. L'homme éternue ; Marivaux « répond par un coup de chapeau » ; il veut « faire sortir cet esprit de sa coquille », et il y parvient après « quelques discours vagues sur la chaleur, sur le besoin de pluie », etc. -. Pour étudier le type si particulier du boutiquier parisien, l'art de plaire au client, de « l'enjoler », il suit un provincial chez un drapier et note tous les manèges de l'acheteur et du marchand, la résistance de la mouche, la stratégie de l'araignée ^.

Le Spectateur français, disais-je, est une imitation du Spectateur anglais ^; il emploie la même liction littéraire, use des mêmes procédés et tend au même but moral. Il y a cependant plus de difterences que de ressemblances entre Marivaux et Addison. D'abord, Marivaux manque de cette forte culture classique qui fait courir à travers les pages du Spectateur anglais la riche sève de l'antiquité ; s'il parle

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