‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 280 sur 346 · Voir ci-après, p. 432 et suiv · texte numérisé non relu

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sophe, il devrait reclieroher ces problèmes au lieu de les éviter, ni assez chrétien, parce que, chrétien, la simple morale de VÊvangile devrait lui sufiire, tandis que, au contraire, il essaie parfois de séparer la morale de la religion. Yauvenargues non plus ne prend pas parti : il pèse le pour et le contre; il reste, en matière de convictions religieuses, à égale distance de Taflirmation et de la négation, il meurt sans avoir décidé; mais, du moins, n'évite-t-il pas les questions de métaphysique et de philosophie indépendante ; il a un courage d'esj)rit qui manque à Marivaux. 11 a aussi des idées qui l'honorent et que celui-ci n'exprime jamais; il parle d'abnégation, de sacrifice, de souffrance obscure, de condition étroite et difficile, vaillamment supportée. Ici encore sa vie explique sa supériorité morale : il avait connu les petitesses de l'existence sans être diminué, les injustices du sort sans ressentir de découragement ou d'aigreur, la maladie sans la maudire, l'indifférence et la dureté des grands sans accuser les hommes. La souffrance, au contraire, l'épreuve, manquent dans hi vie de Marivaux; il en a été plus heureux comme homme, moins profond comme moraliste.

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