Ifjid., deuxième fouille
'.). Ihid., dix-septième feuille.
'». l'ièccs délar/iL'L's, Deuxième Icllre à madame '".
pour moi comme les elTets crun caprice heureux et pas- .sager; je me suis réglé là-dessus. Le hasard m'a fait connaître la dame en question; ce qui m'est arrivé avec vous m'arrive avec elle; autre caprice dont je profite. Il n'y a pas là de quoi vous fâcher ; elle n'a pas Tair de m'aimer autrement que vous avez fait, et je l'imiterai exactement. Ainsi vous me querellez pour une bagatelle *.
De cette profession d(; foi Marivaux conclut :
Autrefois, quand un amant cessait d"aimer une maîtresse, c'était un infidèle, mais un infidèle qui la respectait; aujourd'hui, lorsqu'un homme quitte une femme, ce n'est qu'un vicieux qui la méprise, c'est-à-dire que l'amour, tel qu'il est à présent, fait plus de honte que de plaisir. A quoi songent donc les femmes de l'avoir mis dans cet état? car c'est leur faute et non pas la nôtre; c'est d'elles que l'amour reçoit ses mœurs ; il devient ce qu'elles le font^.
C'est là de la morale, chaleureuse et indignée. Ce ton n'est pas toujours celui de Marivaux; on sait avec quelle souplesse et quel agrément il manie l'ironie ; volontiers, il la met au service de la morale. Dans une page pénétrante, il s'est attaché à suivre dans le cœur de la femme tous les progrès de l'amour, les gradations insensibles par lesquelles il s'y insinue, les capitulations de conscience par lesquelles il triomphe. C'est un modèle d'analyse et la meilleure des leçons :
Vous ne sauriez croire combien un amant tendre, soumis et respectueux, sympathise avec une femme sage et vertueuse. La passion de cet amant est elle-même si douce, si noble, si généreuse qu'elle ressemble à une vertu, et une vertu en apprivoise aisément une autre. L'amour se déclare, une femme vertueuse le reconnaît et lui impose