‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 307 sur 346 · Le Miroir · texte numérisé non relu

Le Miroir

2. C'est lui qui répondit, au nom de la critique, aux attaques de Marivaux et à ses tentatives d'apologie personnelle. Voir ci-après, p. 585, n" 1, un passage de cette réponse.

3. Voir, sur l'histoire de la critique, le livre récent de M. F. Brunetièrc, VÉvolution des genres, t. I, 1891.

4o2 LE CRITIQUE.

téràt pas les lumières de la plupart des hommes, ne leur dérobât point Thonneur de se juger équitablement, n'employât pas toute leur attention à sliumilier les uns les autres, à déshonorer ce que leurs talents peuvent avoir d"heureux, à se ruiner réciproquement dans Tesprit du public; de façon que, sur leur rapport, vous, lecteur, vous méprisez souvent des ouvrages que vous estimeriez '.

Il voudrait surtout que la critique renonçât à ces personnalités injurieuses, qu'elle a trop aimées de tout temps, surtout au xviii'' siècle, et qui la déshonorent. Il voudrait que, se bornant à juger Técrivain, elle respectât toujours l'homme, car celui-ci, pour livrer au public ses écrits, n'entend pas lui abandonner sa personne -. Pour sa part, il s'est toujours respecté lui-même, eu respectant ses adversaires. Même dans la querelle des Anciens et des Modernes, où les polémiques n'avaient rien de courtois, il n'a jamais injurié ceux qui ne pensaient pas comme lui. S'il a trop souvent fait preuve d'injustice et d'aveuglement, s'il n'a évité ni le mauvais goût, ni même la grossièreté, du moins il n"a maltraité que des œuvres, non des hommes.

Dans cette querelle, Marivaux: avait embrassé les idées de La Motte avec un dévouement absolu. Au théâtre et dans le roman il avait su rester lui-même et se préserver d'une imitation qui eût tué son originalité; en matière de critique ancienne, il se constitua l'homme-lige de son o dangereux ami ^ »; il le défendit envers et contre tous. Lors(iue La Motte est aux prises avec Mme Dacier, Marivaux s'empresse de

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