‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 37 sur 346 · La Place, Pièces intéressantes, nSii-lTOO, t. IV, p · texte numérisé non relu

La Place, Pièces intéressantes, nSii-lTOO, t. IV, p

2. Représenté, le 2 décembre 1724, au Théâtre-Français, et joué six fois seulement. « On convient, écrivait le Mercure (décembre 172 i), qu'elle est pleine d'es[)rit et fort bien écrite. » Piron le mettait au nombre des pièces nouvelles, « qui n'avaient

indiscrets '. Quelques-unes de celles qui comptent aujourd'hui parmi ses chefs-d'œuvre, ainsi le Legs ^, tombent à la première représentation et ne se relèvent que plus tard.

Or, veut-on savoir ce qu'étaient pour Marivaux les soirées indécises? Mlle de Bar écrivait à Piron :

Je ne conçois pas les comédiens. Ils ont affiché pour aujourd'hui, mardi, les Serments indiscrets. Voilà ce qui ne s'est jamais vu. Une pièce qu'on siflle depuis le commencement du second acte jusqu'à la troisième scène du cinquième; une pièce où l'on fait détaler les acteurs à force de crier : Annoncez! — Croient-ils que le public s'en dédira et qu'il la trouvera bonne? Je le désire plus que je ne l'espère ^.

Quant aux chutes franches, nous pouvons en juger par celle du Petit-maUre corrigé (Théâtre- Français, 6 novembre 1734), racontée par le même témoin :

Le parterre s'en est expliqué en termes très clairs et très bruyants ; et même ceux que la nature n'a pas favorisés du don de pouvoir s'exprimer par ces sons argentins qu'en

pas eu plus de succès sur les théâtres que clans les boutiques de libraire >>. (Prologue des C/u'»ïè?'ex, opéra-comique, 1726, dans ses Œuvres complètes, édit. Rigolcy de Juvigny, 1776, t. IV, p. 121.)

i. Ils tombèrent à plat le premier soir (Théâtre-Français, 8 juin 1732), se traînèrent pendant huit représentations, puis furent retirés de l'affiche, sous prétexte de l'indisposition d'un acteur [Mercure, juin 1732). On les reprit plus tard avec succès.

2. Théâtre-Français, 11 juin 1736. L'accueil du premier soir est très froid, la pièce fait merveille aux représentations suivantes (Mercure, février 1736).

3. 10 juin 1832, dans les Œuvres inédites de Piron, p. 76, publiées par H. Bonhomme, ISo'J. La Harpe était, on le voit, bien mal informé, lorsqu'il écrivait : « Les pièces de Marivaux ont eu presque toutes du succès dans leur nouveauté. ■> [Lycée, xvur' siècle, livre II, chap. vu.) Voir ci-après, p. 63, ce que Marivaux lui-même disait de ses premières représentations.

;JG L HOMME.

1)011 français on nomme sirilets, ceux-là, ili>-je, enlilèreiit plusieurs clefs ensemble dans le cordon de leur canne, puis, les élevant au-dessus de leurs têtes, ils firent un l'racas tel (ju'on n'aurait pas entendu Dieu tonner; ce qui obligea le sieur Montineny de s'avancer sur le bord du tliéàlre. à la lin du second acte, pour l'aire des propositions d'accomodenient, qui furent de planter tout là et de jouer la petite pièce. Mais vous connaissez la docilité, la coni- ])laisance du bénin et accommodant parterre. Il se mit à crier à tue-tête qu'il ne voulait pas; puis il voulut cnliii. Il fallut passer par ses baguettes, avec toute la rigueur possible '.

A i)eine si, de loin en loin, il rencontre un succès franc avec le Jeu de VA mour el duHasard ^, V Epreuve ^, La Mère confidente '% les Finisses confidences ^. Et quand le parterre lui fait un accueil favorable, ce n'est presque jamais au Théâtre-Français, où Marivaux, malgré sa prédilection pour les Italiens, aurait cependant désiré recevoir comme la consécration de son talent : des six pièces de notre auteur qui devaient rester au répertoire, une seul(% le Legs, fut jouée d'original à la Comédie-Française; les cinq autres, la Si(rj)rise de l' Amour, le Jeu de l'Amour ri du flusurd, l'Ecole des Mères, les Fausses Coii/idenres, VEpreuve parurent pour la première au Théàlre-Ilalien.

Page 1