Id. ibid
siflage ; il disait pour le fat ce qu'il se contentait de penser pour le sot sans prétention. Original ou commun, simple ou subtil, il voulait avant tout que l'on fût soi-même; si Ton essayait de le tromper, il rompait brusquement. Un de ses amis s'amusait à lui écrire des lettres très ingénieuses et dans son propre style; Marivaux était tout lieureux de rencontrer un homme dont la tournure d'esprit ressemblât à la sienne; cela lui prouvait du moins qu'il n'était pas seul de son espèce. Un jour, il va chez ce correspondant, ne le trouve pas, mais voit par hasard sur sa table les brouillons très raturés de ces lettres qu'il goûtait si fort. Dès ce jour, il cessa toutes relations avec l'auteur.
Une véritable fête, paraît-il, était de l'entendre lire ses comédies. On préférait alors à la mimique et au jeu de ses interprètes habituels « les légères inflexions ' » qu'il savait donner à sa voix et qui lui permettaient, à elles seules, d'exprimer les mille variétés de sentiments qu'éprouvent ses personnages; c'est par elle qu'il avait ravi Sylvia dans leur première entrevue.
On peut croire que ces succès de causeur et de lecteur mondains étaient aussi chers à Marivaux que ceux du théâtre. Il se piquait d'être homme du monde, plutôt qu'auteur de profession. Au début de sa carrière, il n'écrivait, on l'a vu, que pour son plaisii-; il aimait l'anonyme et attendait volontiers longtemps pour se faire imprimer. Lorsque sa ruine l'eut contraint à vivre de sa plume, il dut songer à poursuivre une réputation plus fructueuse; cependant, il ne renonça pas à ses préférences premières et entendit restei- honune du inonde, liien ({u'il eût parmi ses