‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 77 sur 346 · Hainfe-Bcuve, Causeries du Lundi, t. IX, p · texte numérisé non relu

Hainfe-Bcuve, Causeries du Lundi, t. IX, p

3. ])'Aleinl)ort ajoute : « Iléduit dans la vieillesse au calme de l'amitié, il n'aflectait point sur cet état une fausse philosophie; il sentait tout ce que l'àgc lui avait fait perdre; il ne cherchait point, comme tant de faux sages, à s'exagérer le bonheur du repos; il en jouissait seulement comme d'une ressource que la nature laisse à nos derniers jours pour adoucir la solitude de notre âme. »

comme il se sentait entouré d'amis, plus que partout son amour-propre était en sûreté. On le voyait aussi, à partir de 1733, chez Mme du DefTand; ici encore il se trouvait à l'aise, car les encyclopédistes, qu'il n'aimait pas et qui le lui rendaient bien, n'y faisaient pas la loi. Chez Mme Geoffrin, qui avait recueilli les habitués du salon de Mme do Tencin, et lui avait succédé, mais « comme une bourgeoise à une princesse ' », Marivaux eut plusieurs fois à souffrir. Malgré sa bonté fameuse, Mme Geoffrin était despote et régentait avec une certaine brusquerie son cercle de gens d'esprit. Lorsqu'une conversation se prolon geait ou ne lui plaisait pas, elle l'arrêtait tout net en disant : « Voilà qui est bien ^ ». Marivaux était de ceux qu'un pareil sans-gêne irrite et blesse : interrompu ou écouté avec distraction, il se levait et gagnait la porte, sans longue rancune, du reste. Aussi, c'est surtout chez Mme Geoffrin que dut se former sa réputation d'humeur difficile : Grimm, si sévère pour lui là-dessus, venait souvent aux mercredis de Mme Geoffrin. Sur la fin de sa vie, Marivaux retrouva chez Mme du Boccage l'éclat de ses anciens succès : Marmontel vient de nous dire que l'on faisait cercle autour de lui.

En dehors de ces maisons amies ^, où l'esprit était la seule supériorité, il recherchait peu les nobles amitiés si fort à la mode en ce temps-là parmi les

1. Villemain, Littérature française au xviii'= siècle, onzième leçon.

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