Correspondance citée, p
122 L nOMME.
ciik' rAcadémie pour son choix, écrit le policier déjà cité, et l'on dit qu'à Tavenir elle ne pourra plus trouver de sujets. » Il ajoute ce détail qui ne nous surprend guère : « L'abbé d'Olivet, son propre membre, n'est pas son apologiste '. » Selon la mode du temps, des couplets satiriques circulent, où le nouvel élu et la compagnie sont « fort maltraités »; celui-ci, par exemple, plus méchant que spirituel :
Pour couronner ses travaux.
Fontenelle met Marivaux A la célèbre Académie.
N'a-t-il donc tant vécu que pour cette infamie -"!
On préfère cette épigramme-ci, autrement piquante, quoique en prose : on disait que Marivaux « serait mieux placé à l'Académie des sciences, comme inventeur d'un idiome nouveau, qu'à l'Académie française, dont assurément il ne connaissait pas la langue ^ ».
On a peine aujourd'hui à comprendre cette hostilité. Que pouvait-on reprocher à Marivaux? Ce n"était assurément pas l'insuffisance de son bagage : ses meilleures pièces, ses deux romans, le Spectateur fraiiçnis sont antérieurs à sa réception. Ce n'était pas davantage une réputation trop spéciale et restreinte : tout Paris l'avait applaudi; la province et l'étranger le goûtaient encore plus que Paris. Il faut voir là sans doute un nouvel effet de cette singulière malechance qui le poursuivait partout et toujours : les confrères, les cafés, le parti philosophique le traitaient comme d'habitude, Voltaire en tète, dont les colères étaient terribles, et qui dut jeter feu et flamme contre son heureux concurrent : « On trouva surtout très mau-