LA POÉSIE DE MARIVAUX. — MARJVAUX ET SHAKESPEARE
Nous avons remarqué déjà * le goût de Marivaux pour les sujets héroïques ou mythologiques ; dans dix pièces * de son théâtre, il s'est plu à sortir du monde réel; il ne dédaignait même pas le genre inférieur de la féerie. La liberté d'allures de la comédie italienne, qui, toujours prête à s'élancer d'une aile capricieuse dans les régions de la fantaisie, ne tenait le plus souvent que par un fil bien léger à la réalité, le goût très marqué du dix-huitième siècle pour l'appareil de la fable et des légendes héroïques, invitaient Marivaux aux sujets de pure imagination. Il se plut à les traiter, même à la Comédie-Française^ ; mais il les renouvela en les appropriant à sa tournure d'esprit et au caractère de son talent; en cela, comme en toutes choses, il fut original et personnel. Dans ces cadres brillants et souples, il donna libre carrière à ses goûts de moraliste, à ses caprices d'imagination, à ses gracieux raffinements de dialectique amoureuse, et aussi, ce que Ton n'a pas