Quatre comédies
Le Dictionnaire portatif des théâtres, de Léris, nous apprend qu'un médiocre recueil, composé sur le plan de celui de Macrobe, les Saturnales françaises (Paris, 1736, 2 vol. in-8), était attribué à Marivaux. Or« il y a dans ce recueil quatre comédies signées Thomas Croquet et intitulées : le Médisant^ lei Effets de la prévention, le Triomphe de l'Amitié, V Inégal, M. Ed. Fournier, faisant dire à Léris plus qu'il ne dit, conclut de là que l'auteur du Dictionnaire des théâtres « attribue avec raison ces pièces à Marivaux*. » C'est identifier bien vite Marivaux avec Thomas Croquet. Rien ne prouve, au contraire, que ces quatre pièces, sans intrigue et sans style, puissent être attribuées à notre auteur "*,
1. Œuvres de Marivaux, t. VII, p. 370 ; jugement sur le Paysan parvenu. Il analyse la trois parties supplûinentaircs comine si elles étaient do Marivaux, mais il reconnaît exprcs^cment (t. Vill, p 456, n. 1) que la dernière t n'est ni de Marivaux, ni de ringénicuse continuatrice de Marianne, »
2. Il reproduit l'apprcciation do Duviquet : < Le Paysan parvenu n'a pas plus de conclusion que Marianne. La fin de la liuilicme partie — Duviquet l'a dit avec raisoa — n'est certainement pas de Marivaux. » (P. xxx.)
3. Cette suite do M*^ Riccoboni est donnëe par M. J. Feury (p. 371 et suiv.), qui discute en dclail et d'une manière très probante (p. 192 à 20:2) la fausse attribution faite à l'in^'ënlcusc diuule de Marivaux d'une fin indigne do tons deux. La lecture de cette suite confirme l'apprëciation f1altcu<«c de d'Alenibert (voy. ci -dessus, p. 82, n. 2), qui est, au contraire, fort sévère pour les autres continuateurs, « malheureux écrivains qui se sont charges, s;ins qu'on les en priât, de finir les romans de Marivaux > et qui H ont eu, dans cette entreprifc, un succès digne de leurs talents. » (P. 588.)