D*Alembert, p
4. Lesbros, p. 20. — On voit aussi par d*Aiembert (p. 590) qu'il répu- ^ait à ces petites intrigues auxquelles plusieurs de ses prédécesseurs avaient dû leur fauteuil : a Ces parvenus de la littérature, disait-il, mieux pourvus d'adresse pour usurper que de titres pour obtenir, ont eu le secret, que je ne pourrai jamais apprendre, d'employer à leur petite fortune de bel esprit plus de bons amis que de bons ouvrages. »
i*â8 L'HOMMK.
de M** de Tenciii et de Foiitenelle vinrent à bout de celte modestie, et, en 1742, à la mort du secrétaire perpétuel, Tabbé Iloutteville, il se laissa mettre sur les rangs. On fit pour lui ce qu'il n'eût jamais fait lui-même : on cabala^
La correspondance de M"* de Tencin et le curieux Journal de police qui fait suite à celui de Barbier^, nous apprenneat au jour le jour l'histoire de sa candidature : l'abbé Houtteville était mort le 8 novembre, et, dès le 23, le policier anonyme écrivait : t On dit que M"* de Tencin se donne de grands mouvements pour obtenir une place d'académicien à M. de Mari* vaux^. }» Le lendemain l'élection paraît assurée : c II est décidé que M. de Marivaux sera de l'Académie ^ » Marivaux avait cependant un redoutable rival, Voltaire, son ennemi ^, qui re-^ muait ciel et terre, et parvenait à intéresser en sa faveur le duc de Mirepoix. L'habileté de M*"* de Tencin vint à bout de tout, non sans peine. Elle eut besoin de beaucoup de diplomatie
1. À partir du commencement du dix-huitième siècle, l'influence des femmes fut assez grande sur les élections de l'Académie ; c*était une conséquence nécessaire de Tinfluence des salons qu'elles présidaient. M"*' de Lambert est la première qui use de la sienne (voy. les Mémoires de d'Argenson, t. I, p. 163-164); M"* de Tencin, M«»»« Geoffrin, M"» de Lespînasse, etc., l'imitèrent avec ardeur. Dans son Histoire de P Académie {ch. ▼, p. 125), M. P. Mesnard dit, avec raison, qu'il y aurait là matière à un curieux chapitre d'histoire littéraire.
2. On sait que ce Journal de police (1742-1743), sauvé à la Bastille de la dispersion des archives du fort, a été imprimé, pour la première fois^ en 1834, dans la Revue rétrospective de M. Taschereau, et réimprimé, en 1857, dans le huitième volume du Journal de Barbier (édit. Charpentier). Ce Journal de police, dit l'éditeur, est le résumé « des bruits recueillis dans les lieux publics et dans les salons particuliers, par des mouchards de bon ton, qui les rédigeaient dans Parrière-cabinet du lieutenant général de police. »