‹ Marjolaine, vaudeville en 1 acteChapitre 13 sur 20 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE VICOMTE, M.ARJOLAINE.

MARJOLAINE, à dle-mimt, pendant que le Vicomte l’admire. Sa femme 1 Je pourrais être sa femme... il l’a dit!... non!...

non... c’est une folie... et il faut l’oublier!

LE VICOMTE, s’approchant et lui prenant la taille. Eh bien !...

MARJOLAINE , surprise. Ah !

LE McoMiE. A quoi penses-tu donc, friponne ?

MARJOLAINE. Mais dam... peut-être bien

vous, monsieur le vicomle !. ..

LE VICOMTE. Si je le croyais, je tômberais à les pieds pour ne plus me relever.

MARJOLAINE. Ça Serait trop fatigant, vous n’poiirriez pas y tenir.

LE VICOMTE. Foi de gentilbotome , si tu le veux , dès ce soir je l’emmène à Paris.

MARJOLAINE. A Paris!... {À part.) Et lui aussi !

LE VICOMTE. Je t’installe dans un riche hôtel ; tu auras des laquais, des voilures, de magnifiques toilettes; puis, je te donnerai

MAGASIN TBÉATRAL.

es deux , il des maîtres de musique et de danse , et je suis certain qu’en moins de quelques mois tu serais présentable dans le monde, où chacun t’entourerait d’hommages.

MABJOLAlNE, vivement. Comment!...

vous croyez qu’une simple paysanne comme moi pourrait...

LE VICOMTE. Eh parbli'ul... je connais plus d’une grande dame qui est partie de plus bas... La duchesse d’Elbée. par exemple, était fille de ferme... son mari l’a formée, cl maintenant c’est l’idole de Paris.

MARJOLAINE. Mais alors, moi aussi je pourrais espérer tout cela, aimée d’un gentilhomme jeune , aimable, spirituel....

LE VICOMTE, flalli. Ah! Marjolaine...

MARJOLAINE. Mon seul vœu, mon seul désir serait de me rendre digne de lui ; je travaillerais pour qu’il ne rougît pas de moi ; je travaillerais pour lui plaire... et je sens là que je réussirais !

LE VICOMTE. Ab! Marjolaine!... Marjolaine !... {A part.) Comme ça marche !... et ' je parie qu’il n’y a pas cinq minutes!.. .

:i la romtetee MARJOLAINE, apercevant le chevalier, à

part. Le chevalier !.. . Souvenous-nousdema i-t’en donc, promesse.

LE VICOMTE. Eh bien... lu ne me réponds Je saurai ce que tu pas;

MARJOLAINE. Dam... je RC suis toujours I' qu'une paysanne, moi ; et vos beaux habits

ysan! à la picur... car ce qu’il nous faut, à

nous... c’est un amoureux sans façon, qui, is dispxrtU. les jours de fête, nous fasse sauter sur l'iiei bc. ..

tant pis si on tombe.

LE VICOMTE. Lli bien... si ce soir je me mettais à ton niveau... si je te faisais sauter sur l’iierbeî

MARJOLAINE. Mais comme vous voilà I...

vendant que laissez donc!

lel Je pour- le vicomte. Si je m’cnpaysannaisî !... non!... marjolaine, d port. 11 y vient! {ITaut.)

:roublier! Alt! dam... alors... (Elle aperçoit Nicolas

et lui pre- qui parait au fond , et qui l'encourage du geste.) Mais vous n’oseriez pas!...

LE VICOMTE. J’oserai, palsemblcu... j’ose- «s-tu donc, rai... mais à une condition : c’est qu’avant la danse tu m’accorderas un petit rendez-vous. .. ut-étre bien en tapinois...

MARJOLAINE. Alil monsieur le vicomte...

I, je tômbe- le vicomte. Dans un quart d’heure, à la relever. ’ brune, j’irai t’attendre sous 1 esgrands maritigant, vous ronniers au bout de l’avenue... Tu viendras, n’est-ce pasî

tome, si tu marjolaine. Alil dam... je ne dis ni oui, !ne à Paris. ni non... mais je vas me préparer. part.) Et LE VICOMTE, d part. Et moi je vais m’en-

canaiiler. (Apercevant Nicolas, qui redesns un riche eend ta scène.) Eh! parbleu 1... voilà mon voilures, de affaire... Approche ici, Nicolas; tu va.s me te donnerai prêter tes habits.

MARJOl.iUNE, ôtant son tablier de ferme.

Hein? cumulent?...

SICOL.AS. M’s habits, à moi?... Faites ex* cuse. .. j'n’avons que ceux-là.

LE VICOMTE. Ah ! diable!

NICOLAS. Faudrait donc alors qn’ monsieur le vicomte me prêtît les siens.

LE VICOMTE, riont. Poufl... toi en gentilhomme?...

MARJOLAINE, de même. Lui!... en gentilhomme?... AhI par exemple!... je voudrais voir ça.

Elle prend dans ane armoire un tablier de soie , et elle le oeU

LE VICOMTE. Eh bien!... va comme il est dit!. .. j'y consens.

NICOLAS, A part. Au fait... je ne serais pas fâché que la comtesse. ..

LE VICOMTE, regardant Marjolaine, et à lui-inéme. C.c malheureux chevalier!... il soupire six mois, tandis que, en un jour, je lui enlève sa maîtresse et j’épouse sa prétendue.

NICOL.AS, qui a prêté l'oreille. Hein!...

l'épouser?... ma jolie cousine!... Oh ! c’est ce que nous verrons.

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