LA CO.MTESSE, MARJOLAINE
LA COMTESSE. Gomme te voilà parée, petite ! tu vas à la danse?
MARJOLAINE. Oui, madame la comtesse; mais avant, je suis bien aise de vous voir... j' voudrais vous demander un conseil.
LA COMTESSE. Si je puis t’en donner un bon, compte sur moi.
MARJOLAINE. C'cst - y vrai , madame la comtesse, qu'il y a à Paris uue grande dame qui, avant d’étre duchesse, aurait été tout bonnement une pays.-mne ?...
LA COMTESSE. Ail! la duchesse d’Elbée ?.. .
c'était une fille de ferme.
MARJOLAINE. Et c’esl-y vrai au.ssi qu’elle est maintenant ben éduquée ; qu’elle a pris les manières du beau monde, si bien qu'on ne se douterait pas d’où elle vient?
LA COMTESSE, à part. Elle pense au chevalier. (Haut.) Ma chère, une paysanne est toujours une paysanne, même quand elle cache sa cornette sous une couronne de duchesse.
MABJOLAiNE. Ab I VOUS croyez!...