‹ Mars; (volume 2)Chapitre 16 sur 91 · PLATON · texte numérisé non relu

PLATON

Nos philosophes décrivent loal la nature humaine. Ils y distinguent . les désirs et besoins d*un côté et la Raison de Tautre ; bien indigents i^rès cela lorsqu'ils cherchent les causes des guerres. Car» qu*on fesse la guerre par intérêt, c est-4'-dire pour les désirs, cela n*a point de sens. Le premier des désirs, et la condition de tous les autres, est de ne point mourir. Il feudrait donc chercher du côté de la Raison ; et c'est alors que naissent les dangereux sophismes d'après lesouels le droit et la force peuvent faire amitié ensemble. En bref, lorsque l'on cherche quelque devoir guerrier, de tuer et de se faire tuer, cela résulte d'une psychologie trop sommaire.

Platon analysait mieux l'animal raisonnable. Non pas une tête sur un ventre ; non. Il porte au contraire son attention sur ce qui les relie l'un à l'autre, sur la poitrine, et sur la colère, moteur des passions. Chacun sait bien que le désir, ou le besoin, est fort contre la raison ; et que peut la raison quand la nature a faim, ou soif, ou qu'elle souffre du froid, ou qu'elle veut dormir? Mais la colère est bien plus redoutable, parce que rien ne l'apaise. La colère, ou l'emportement, n'a point pour cause la misère ou disette, mais au contraire la richesse, j'entends la force accumulée et sans emploi. Et voilà que, pour les plus petites causes, l'effervescence parcourt les membres ; voilà que le cœur généreux les excite tous en les ravitaillant par avance ; voilà que cette agita** tion éveille tout le corps de plus en plus ; voilà que ce travail inutile contre soi irrite les parties sensibles, et qu'il se produit comme im furieux grattement qui apaise l'irritation et en même temps la redouble ; et, par un mécanisme trop peu connu, aussitôt les raisons viennent dans la tête échauffée ; fortes et brillantes raisons, fortes et brillantes par la colère même, qui les éclaire de sa rouge lumière, et les rend comme évidentes.

Et c'est le plus grand (Usordre, lorsque U pensée fabrique des rai-

I !J^ ^j. jj justifie. Quand toutes ces forces, d'esprit et

lUt et déjà en marche, quelle franchise de soi à soi monter k la première cause, k la futile premi^ himteusement ces brillantes raisons et ces fortes . tout enflammées et amoureuses d'elles-mêmes ? 1 revenait au repos, après tant de promesses et de nt d'avoir versé un peu de ce sang qui bouillonne. DUT rien 7 Qui ne rougirait, et c'est encore un effet iirabondant, qui ne rougirait de cette violence sans pas bien décrit à la fois deux choses, la colère dans ilisation dans la àté ? Colère toujours, et qui emce qu'elle va. Ne cherchez point ailleurs. Mars est

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