‹ Mars; (volume 2)Chapitre 26 sur 91 · DE LA RÉVOLTE · texte numérisé non relu

DE LA RÉVOLTE

Quand le duc de Parme demande à Fabrice si le roi de Naples est aimé, Fabrice répond à peu pths ceci : « Je ne me soude point de savoir si les sujets du roi de Naples sont contents. L'armée est bien munie et parfa^ment disciplinée. Qui s*inquiète après cela si la canaille aime ou n*aime pas. » Voilà la pensée d*un aristocrate, et sans aucune hypocrisie. L*amour plaît aux princes, mais conrnie la dernière marque de rdbtissance. Ceux qui ont goûté au pouvoir ne supportent pas la moindre tricherie là^essus ; essayez de faire entoidre au Maître que vous obâssez parce que vous le voulez bien ; rien n*est plus froidement reçu ; cela est presque impertinent. Mais, d*im autre côté, il est presque impossible que Ton soit aimé si 1 on commande ; et le regard de Tes"* clave, toujours etfrayant à voir, affermit bientôt le mahre dans les sévères maximes du pouvoir absolu* Au reste il s*élève toujours im peu d*amour dès que le maître ne fait pas tout le mal possible. La crainte d*abord* Je n aut^is point compris sans peine cette rude méthode ; mais je Tai vue à l'œuvre. J*ai rëlu Tacite sur les visages. Dans cette épreuve, et quand le plus prochain pouvoir, lui-même éperonné, fnippe selon une infatigable vigilance, 1* homme de troupe se tortille conune un serpent, prenant mille formes que le regard ne peut suivre. Nos rois et nos rhéteurs ignorent ces mouvements-là, comme le préfet de police ignore la lutte des poignets contre les menottes. L*homme de troupe poiurait raconter ces choses ; mais je remarque que Thomme de troupe oublie beaucoup.

On sait qu*il n*y a jamais eu de guerre sans quelque mouvement de mutinerie. De tels événements sont mal connus, et toujours expliqués par des causes accidentelles, conune la mauvaise nourriture, ou une bataille malheureuse, ou la faute lourde d*im chef* C>mme si l'on voulait oublier et faire oublier. Selon mon opinion, de telles causes

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