QU'AS. TU APPRIS
DU^moi, quMrtet appris i h guerre >
J*ai appris d*abord ï miçux onnpter sur œtte miamiqufi Tirante, que je crayaifi fragik. Aussi je n*éooute plus sea faibfes plaintes et réda" matiQiis, comme )e faisiûa ; car je me suis assuré par ime Icmguq expér rif iKe que la orainte <il*être malade est la cause prinôpale dos maladies.
Encore» quWtu apprm i la guerre i
J ai apprk enqDre à mieux goûter la joie d'êlare vivant. Je mange, je Ixûs, je respife, je dors avec bonheur. Par cette précieuse hcmne humeur» je sjiîa disposé à ne pas m'inquléter keaucot^ des petites chpses.
Encore, qu*asrtu appris à la guerre ?
J*ai appris à aimef les chaussures larges et les c^ls mous, parce que j'ai perlé longtemps la livrée du paunre. Enfin j*ai perdu cotte habitudb bourgeoise que j'avais de vouloir imposer par Textérieur. C*est un souci de moins.
Encore, qù'as-tu appris à la guerre ?
J ai appris à décider vite et à exécuter avec réflexion, parce que TeX" périence m*a iait voir que la destinée de chacun dépend moins de Taction décidée que du chemin suivi. Autrefois je délibérais avant de commencer, œ qui est craindre avant de savoir.
Encore, qu'as-'tu appris à la guerre .?
J ai appris que les choses ne nous veulent ni mal ni bien, et que, si dangereuses qu'elles soient, on peut toujours compter sur elles, ce qui fait que chacun surmonte à chaque instant la destinée par attention et prudence.
Encore, qu*as«tu appris à la guerre ?
^ J'ai appris que rien n'est plus utile à l'homme que l'homme, et que rien n'est meilleur pour l'homme que l'homme.
Etrange 1 Nfais encore, qu'as-tu appris k la guerre ^
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Aussi que Us phis grands maux viennent de Thomme, mais que la menace humaine» continuellement perçue pendant des mois, n*aftaiblit nullement cette amitié universelle, mais au contraire, k ce que j*ai éprouvé, la fortifie.
Ces choses ne vont pas ensemble. En ton abri, tu as eu le loisir de penser. Allons, sérieusement qu*as-tu appris à la guerre ?
J*ai appris que tout pouvoir pense continuellement à se conserver, à s'affirmer, à setendre, et que cette passion de gouverner est sans doute la source de tous les maux humains. Non que Tesclave en devienne plus mauvais ; tout au contraire, il apprend k dominer les vifs mouvements de Torgueil, et il s'approche malgré lui de l'heureuse égalité. Mais c'est le maître qui devient méchant par l'exercice du pouvoir absolu. Méchant d'abord parce qu'il prend ses inférieurs conune instruments et oùtib. Méchant enfin par la colère, qui lui gâte l'estomac. Et selon mon opinion tous les sentiments gucnrriers viennent d'ambition, non de hfldne ; jusqu'au plus haut di^ du pouvoir, qui se trouverait être bientôt le plus mut degré de dépendnioe, si la guerre et la menace de guerre n'imposaient une obéissance sans discussion. En sorte que tout pouvoir aime la guerre, la cherche, l'annonce et la prolonge^ par un instinct sûr et par une prédxbolion qui lui rend toute sagesse odEeuse. Autrefois, }e voukis conduire, trop vite, qu'il faut être assuré. de la paix pour diminuer les pouvoirs. Maintenant, miei;» instruit par lexpé^ riefice de l'esdave, je dis qu'il faut réduire énergiqtsement les pouvoirs de toute espèce, quels que soient les inconvénients seconcMret, si l'on veut la Paix«