‹ Mars;Chapitre 42 sur 99 · MM · texte numérisé non relu

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le chef qui vend ; ce sont deux hommes très différents ; Tun sans poli" tesse, Tautre tout en politesse ; l^un attentif à l'ordre das choses, Tautre attentif à Tordre humain. Les intérêts, il est vrai, les rapprochent, mais le métier les distingue ; et, si Ton voyait leurs pensées, la différence serait encore mieux marquée. L*un règle ses pensées de tous les jours d'après un ordre inflexible, mais qui ne trompe Jamais ; l'autre d'après un ordre flexible et capricieux ; aussi l'un change ses moyens sans hésiter dès qu'il observe et comprend mieux ; l'autre, au contraire, par l'am" bigmté des expériences, et la variété des effets, s'en tient plutôt à la tradition. L'un examine et l'autre croit.

Ces différences sont plus marquées encore si le manieur d'hommes a plein pouvoir sur certains hommes et dépend de certains autres à qui il doit {ilairek Car sa propre Importance, grande ou petite* sera alors l'objet principal de ses réflexions habituelles, oa pensée d un côté n'aura jamais a observer un objet ni à tenir compte de ces résistances qui éclairent ; et de l'autre elle voudra claire, et jugera vrai ce qui est approuvé. 11 est inévitable qu'un tel régime intellectuel corrompe bientôt 1 esprit le plus vigoureux. Et il ne faut point être étonné qu'un polytechnicien qui rè^e sur des hommes ait bientôt oublié ce que la mathématique lui avait appris. Cette relation, si bien aperçue par Comte, explique assez pourquoi un ouvrier, qui dépend surtout des choses, dinère si profondément dun bourgeois, qui dépend surtout des hommes» Et de là vous tirei^ez sans peine qu'il y a des métiers qui poussent dans m bourgeoisie mên^e un homme pauvre, et d'autres qui tendent à donner l'aspect et l'esprit du prolétaire même à un homme riche.

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