ACTE PREMIER
MARTHE, à madame de Saules.
Il y a quelques jours que je ne vous ai vue. Vous étiez un peu souffrante ?
MADAME DES SAULES
Ne m'en parlez pas ! Toujours ma neurasthénie. Maisje me remets tout doucement.
Oui, la mode va changer. Cet hiver on portera beaucoup les joues roses et la bonne santé. [Un temps.) Et, mon mari ?
MADAME DES SAULES
Votre?,..
Oui, mon mari, comment va-t-il ?
MADAME DES SAULES
Mais...
Je vous demande ça parce que vous le voyez beaucoup plus souvent que moi. {Un domestique est entré, qui lui présente un plateau chargé d'un écrin.) Quest-ce que c'est ?
LE DOMESTIQUE
De la part de M. Gastine.
L'armurier ? [Signe afflrinatifda domestique.) Ah ! je sais, oui... Mettez ça là... {Elle désigne un guéridon. Le domestique y dépose l'objet et sort.)
MADAME DES SAULES^ pincée.
Que voulez-vous dire avec votre mari ?
MARTHE, ouvrant la boite.
Rien de tragique ! Je vous demande comment il se porte, le pauvre cher homme ! (^1 La Berronnicre .) La Berronnière ! [La Berronnièrc s'approche.) Tenez, mon cher, vous qui aimez les belles armes, admirez ces pistolets que je viens de m'offrir.
LA BERRONNIÈRE, maniant un pistolet.
Superbe !... Pas chargé, n'est-ce pas ?
Rassurez-vous, voici les cartouches. [Elle désigne un coin de la boîte. Le docteur et Gilequain se sont rapprocliés. Gilequain ci son tour prend un des pistolets, et l'examine. Madame des Saules a remonté