GRAINS DE VERITE IX
ont spéculé, paraît-il, pour l'édification des pages qu'on va lire. Excusez du peu ! C'est la première fois, je pense, que les peuples ébahis assistèrent à pareil effort.
Il semblerait, a priori, que les comices avérés de tant de gloires disparates et de génies ennemis eussent dû produire un monument unique, la Pièce-Française, et ce n'eût pas été pour moi un mince honneur d'être le greffier d'une aussi miraculeuse délibération.
Mais détrompez-vous aussitôt. Cette Marthe où, la critique en fait le serment, s'affirment avec plus ou moins de bonheur la hautaine grandiloquence de Villiers de l'Isle-Adam, le génial romantisme d'Hugo, la contexture de Dumas, le « faire » de Scribe, le sentimentalisme douceâtre de madame de Staël, la tranchante logique d'IIervieu, la friperie de Dennery, le sourire amer de Porto-Riche, l'américanisme d'Aymard et les mots d'Augier, — cette Marthe, accusée d'inspirations si peu négligeables, est aussi convaincue, par la majorité d'un même Sénat, de « vulgarité » — de