RUINA
Permetloz-moi avant tout une question.
Parlez...
DERlVRiU, s'asseyant.
RÉSINA
Quel était donc lo motif do votre irritation contre ce jeuae homme, il y a deux jour», chez ce marchand ?
DE RITC AU.
Je ne puis vous lo dire, mon enfant; qu'il voq* suffise desavoir qu'il «cri d'instrument à d'odieuses intrigues... mais laissons Ij celte triste affaire... j'ai déposé ma plainte... il doit être arrête ce maün.
rkcina, g part.
O mon Dieu I lai... arrêté I
DURIVRAD.
Maintenant écoutoz-moi. Régina, vous connaissez les dernières volantes do votre père... vous connaissez sinon h mi qu’il vous a Coite, du moins lo vteu qu’il a exprimé à son lit do mort... co mariage entre vous et mon fils... je vous ai laissé le temps d’y réfléchir, aujourd’hui, j© viens vous supplier de me donner une réponse si longtemps attendue.
RÉGNA
Sans doute, monsieur, mes dispositions ne sont pas changées, mais...
DURIVRAD.
Un mot encore, Régina ; quelques légèretés, quelques étourderies do Scipion ont pu donner lieu b vos hésitations ; j© m'accuse moi-mûino dorant vous presque comme son complice.. .Qui, ma faillies*© l’avait habitué de bonne heure M luxe, aux caprices peut-être; il a fait quelques folles dépenses auxquelles du reste j'ai pu suffire; mais il est temps do l'arracher à ces habitude» do la vie de garçon... Si vous preniez pn parti décisif, j’en suis certain, il trouverait dans lo bonheur mémo qu’il vous devrait I# plus sûre sauvegarde contre de futiles et dangereux plaisirs... Vous voyez, mon enfant, co n’est pas son bonheur seul que i© vous demande. .
RRCtNA.
Vous savez, monsieur le Comte, quo ma mère, en mourant, a laissé pour moi des conseils, sans doute... Le malheur do son mariage et do toute sa vie mo les rcud plus sacrés encore... Ce* papiers, elle a toujours dèsîré que je jrea prisse connaissance qu'à vingt ans.
DORITRAO.
Dans tout© outre circonstance, mon enfant, jo respecterai*» Photiorcrais votre scrupule ; mais voire mère n'avait pu prévoit les dernières volontés du comte de Noirljeu... elle ne pouvait deviner quo pour veiller sur votre jeunesse et la proléger, vous auriez un tuteur aussi sincèrement, aussi profondément affectionné que je fais profession de l'être...
RÉGINA
Jo comprends, monsieur le Comte. l'importance des raisons que vous me donnez, je suis loin de revenir sur la promesse que je vous ai faite; cependant, jo no puis me résoudre à fixer un terme précis... et aujourd’hui encore munis qu’un autre jour... (Son émotion t' empêche de continuer.)
Duiuvmv.
Mais qu'avez-vous? vous paraissez émue... on croirait quo vous été* prête à pleurer... Parlez-moi, Rcgina, parlez-moi donc avec confiance.
RÉGINA
Je vais lo faire... Dans la solitude où longtemps a yéen ma mère, elle n'admettait qu’un hnmme plein d* bonté et do savoir, le modeste maître d’ccolo du village, et un enfant plus êgé quo moi qu'il avait élevé cl auquel il avait transmis le grume de toutes ses bonnes et grandes qualités; ma mère aimait beaucoup cet enfant, elle se plaisait à l'attirer près d’elle, elle mo lo proposait souvent en exemple, et souvent aussi par lui ma tiche I d'ecoliere devenait plus facile... Quand ma mère mourut, la duu-
leur de ce jeune homme fut égale h la mienne, cl ton cœur comme lo mien a conservé le culte do sa mémoire.
DCRIVEAC.
Voilà un jeune homme, Ilcgma, quo vous voulez me fairo aimer...
régina.
Si jo vous demandais quelque chose pour lui?
Douma,
Parlez, mon enfant.
régina.
Cette plainte que vous avez portée, retirez-la, car lo jeuno homme dont jo vous parlais est M. Martin t duriveau, se levant .
Ce miser...
ricin a, te levant.
Ah l p« ce mot-là !... Vous lavez déjà prononcé devant moi, il ma laU mal,
dciuyeau.
Je dois dans l'intérêt public...
régira.
Mon Djcu | monsieur, jo ne cherche pas à l'excuser. S'est-il perdu depuis qu'il est à Paris? est-il coupable? je l'ignore... Mais enfin, je ne voudrais pas qu une punition, roi'nio méritée, lui «lot d'une personne quo je dois un jour nommer mon pùro...
DURIVEAU.
Un jour!...
régira.
Tenez, jo veux être une pupille bien obéissante : j'enverrai à Vieilleville, aujourd'hui , aujourd'hui même, pour chercher les papiers quo m'a laissés ma mère.
DUR1YEAO.
Quoi! vous consentiriez...
litIRA.
Oui, mais vous écrirez tout de suite, pour dire que vous vous êtes trompé.
DURIVEAU.
Et jo pourrais annoncer à Scipion...
RÉSINA
Mon Dieu! ici, ni papier, ni encre... (IVnfrahumt.) Mais làt chez moi.
DURIVEAU.
Qu'au moins, je ne sois pas soûl heureui.
régira.
Peut-être ainsi, aurai-je moins de regrets.
pc ri veau, 9 »» o tonné.
fféfenez le vicomte que je l'attends.