GREC, LE FRANÇAIS ET L'ÉGTPTIEN DU NIL
,,I1 avait été convenu avec le père Boulingrin que, ,,dans cette douteuse hypothèse où un membre de l'ho- ,,norable société m'interrogerait en égyptien, je répon- ,,drais par un petit langage de ma composition, moyen- ,,nant quoi mon imprudent interlocuteur serait véhé- ,,mentement soupçonné, et bientôt convaincu, de ne ,,pas parler le véritable Égyptien du Nil.
„L'efTet de notre tableau fut prodigieux : Vogi'e fut ,, outrageusement abandonné pour l'homme-poisson ,, (j'eus comme un remords de ce triomphe), et notre ,, première recette atteignit le chiffre énorme de trente- ,,deux francs cinquante ceiitimes.
,, Depuis j'ai trouvé supportable la condition d'hora- ,,rae-poisson; j'ai accompagné en cette qualité le père ,, Boulingrin dans ses pérégrinations, jusqu'au jour où, ,, abandonnant sa vie nomade, pour une existence moins ,, hasardeuse, il m'a proposé de me faire contracter un „engagement avec la Levrasse, aux mêmes conditions ,,que j'avais chez lui. Boulingrin; j'ai accepté, et c'est ,,à mon entrée chez mon nouveau patron que je vous ai ,,vu, pour la première fois, mon cher Martin; vous ,, étiez alors enfant.
,, Depuis cette époque vous connaissez ma vie; mainte- ,,nant, grâce à ces détails rétrospectifs que je vous en- ,,voie , vous la savez tout entière,"
Tels étaient les antécédents de Léonidas Requin, l'homme-poisson, qui venait augmenter le personnel de la troupe de la Levrasse.