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On pourrait citer encore bien d'autres passages du Champion des Dames et de TEstrif, inspirés uniquement par l'amour de la France et la douleur de voir le pays en proie non-seulement aux invasions étrangères mais à la guerre civile, par l'état lamentable du petit peuple et le vif désir de la paix, par la conduite honteuse des grands. Ce qu'il faut relever, c'est que, dans son patriotisme éclairé, jamais Martin Le Franc ne montra de haine pour les Anglais, les léopards ^ les godons, comme on les appelait. Il avait bien vu que les Français faisaient plus de mal à la France que les Anglais euxmêmes, et il savait que « le liepart », attiré par des (( haynes mauldictes » aurait depuis longtemps repassé la mer si les Français n'eussent eu « le cœur si mat. » Aussi ne trouve-t-on dans ses œuvres ni vaines déclamations, ni injures à l'adresse des ennemis de son pays. Sa patrie, c'est bien la très douce France, comme il l'appelle ^ mais c'est, avant tout, le monde entier : (( La terre est a tous commune, non par héritage mais par usage. Le cuer . est bien petit qui se laisse enclorre en ung anglet de terre, et ne repute tout cest monde que une cité ou maison donnée aux hommes pour habitation commune ^ ))
* Champiotii ms. fol. 1 1 4 ro ; édit. fol. 317 vo. ^ Estri/y fol. 254 vo.