ACTE DEUXIEME
Flavio, Orazio, Arlequin, puis le Capitan.
Flavio prie Orazio de mettre de côté toute rancune, et, par amitié pour lui, de faire la paix avec le Capitan, qui est son ami bien plus qu'il ne croit. Orazio y consent. l.e Capitan arrive; à sa vue, Arlequin se sauve, rentre dans la maison, et, de la fenêtre, se fait assurer contre la colère de son ennemi. Flavio l'ayant rassuré, fait faire la paix entre Orazio et le Capitan, et, tous joyeux de cette bonne amitié, s'en vont par la vue.
Pantai.u>', Pkhiîoijno, puis Isabelle et FLAMI^IA.
PanialoH, qui u vu partir les jeunes gens, se dit que le moment serait peut-être favorable pour parler à Isabelle. Il tousse, gratte à la porte, et fait mille autres singeries pour faire remarquer sa présence. Isabelle se montre à la fenêtre, et, par coquetterie, leur dit qu'elle veut prendre un peu d'air en faisant un tour de promenade. En même temps, elle fait signe à Flaminia, à la fenêtre de la maison d'en face, de venir avec elle dans la rue. Isabelle et Flaminia viennent en scène, se font conter fleurette par Pantalon et son valet. Isabelle, feignant de ne pouvoir résister à leur éloquence, avoue qu'elle est amoureuse de Pantalon et Flaminia de Pedrolino. Mais elle veut une preuve d'affection, et prie Pantalon de venir lui donner une sérénade le soir même. Pantalon lui en promet trois, après quoi les dames rentrent chacune chez elle, et Pantalon, ainsi que Pedrolino, ivres de joie, se mettent à sauter et à danser comme des fous : ce qui fait sortir de chez eux Francescldna et Bimiiiino, qui se moquent d'eux en voyant leurs singulières gaml)ades. Pantalon s'en va.
BuRATTLNO, FrANCESCHINA, PedROLIXO.
Burattino et sa femme continuant à plaisanter Pedrolino, celui-ci finit par se fâcher et leur dit qu'il se vengera, qu'il cherchera un moyen. Connue les risées de l'hùtelier continuent de plus belle, Pedrolino lui promet, s'il ne se tait point, de lui séduire sa femme et de le faire un becco. Burattino rit de la menace; mais Franceschina va prendre le
3i(i LA COMKDIK ITALIENNE.
niaiiclie à haJai, et tuuibe sur Pedruliiiu qui .se sauve. Après quoi, les époux rentrent en se réjouissant de l'avoir houspillé.
Fi.AVK», IsAiii:iJ,i:.
Flaviu entre en se plaignant de l'indécision où il est de savoir s'il est aimé ou non de Flaminia, et il cherche un prétexte pour lui parler de nouveau. La lettre ({u'il a écrite et qu'elle a dans les mains est un moyen. Isabelle, de sa fenêtre, a entendu tout ce monologue, et, voulant faire une nouvelle malice, elle lui demande s'il a rencontré Orazio et le Capitan qui le cherchent pour l'inviter à leurs noces, car Orazio va épouser Flaminia, et le Capitan, ellemême. Après quoi, elle se retire en riant sous cape. Flavio reste sutfoqué de cette nouvelle inattendue. Buraiiiiio, le voyant absorbé, s'approche de lui et lui demande si, par hasard, il ne connaîtrait pas quelque secret pour avoir des enfants mâles. Flario se retourne, ne lui dit pas un mot, et sort. Burattino, de son côté, mécontent de n'avoir pas reçu de réponse, rentre chez lui.
Pantalon, Picouoij.nu, trois Musiciens, Isai:ellk et Flaminia.
Pantalon et Pcdrolino disposent leurs musiciens, et les font jouer et danser sous les fenêtres d'Isabelle et de Flaminia, qui se montrent et remercient gracieusement les donneurs d'aubades de leur politesse. Peilrolino et Pantalon se retirent tout joyeux avec leurs instrumentistes. Isabelle, après leur départ, restée à sa fenêtre, prie Flaminia, à sa fenêtre aussi, de venir honorer de sa présence le mariage
LKI.IO. :î|-
qu'elle va contracter avec Flavio, son anianl depuis lon/jtemps. C'est son frère le Capitan qui a arran^jé et conclu cette affaire. Flaminin, blessée au cœur, s'excuse de ne pouvoir y aller, et se retire tout en larmes. Isabelle, après avoir inventé cette nouvelle malice, et ayant porté ce méchant couj» au cœur de Flavio et de Flaminia, mais sachant bien comment les guérir, se retire fort satisfaite.
Pantalon, Peurolino, Burattinu.
Pantalon montre à Pedrolino une paire de souliers tout neufs qu'il vient d'acheter pour douze sous [baioccin). Pedrolino, après les avoir examinés, dit que ce sont de vieux souliers, et qu'il est honteux à un lionnne comme Pantalon d'acheter de pareilles choses. Buratiino,i[i\\ allait consulter le médecin, un vase de nuit à la nuiin, demande à Pantalon s'il veut les lui vendre pour douze sous, au prix qu'il les a achetés. Pantalon dit qu'il le veut bien. ^ iMais à une condition, dit Bmattino : c'est que chacun de vousji mette en gage un sou dans ma main , et que celui qui s'en repentira perdra un sou. » La convention faite, Burattino prend un couteau et commence à fendre une semelle par le milieu, disant : « Qui se repentira perdra un sou. » Un|| soulier éventré, il prend l'autre, recommence la même i opération. Arrivé à la moitié de la semelle, il demande : « Qui s'en dédit de vous deux? » Et comme l'un el l'autre ' ' répondent qu'ils ne s'en dédisent point, il leur dit : « Si vous ne vous en repentez pas, je m'en dédis, moi! » et jetant là les souliers coupés, il ramasse son pot et court chez le médecin. Pantalon et Pedrolino se regardent, el
:ilH LA COMEDIE ITALIENNE.
s'aperçoivent que Buratliiio s'est moqué d'eux. Ils s'en vont en s'intlignant de son astuce, ce qui termine le second acte.