PROPOS DE THOMAS MRELOQIIE
Vous le reconnaîtrez racileuieiit à sa mine et à son bonnet; il descend d’Ésope le Phrygien par les mêles. Les temjts n’ont pas été toujours doux pour les penseurs de cette famille. Leur grand aïeul, vous vous en souvenez, était esclave et opprimé; il dut recourir à l’image et à l’allégorie pour faire passer des vérités utiles.
Notre philosophe n’a pas eu une meilleure fortune, mais
il est né libre et il a eu la chance heureuse de venir dans un temps où l’on pouvait tout dire. Il n’est pas né d’hier. Je le soupçonne d’être nomade, et l’on sait que l ien 11e favorise l’observation comme une longue vie et de longs voyages. Après avoir commencé par rire des sottises humaines, il a fini par eu prendre de l’humeur. On l’a cru misanthrope, il n’en est rien. La misanthro-
pie, quand elle n’est pas affection maladive, est toujours un suprême orgueil, et c’est l’orgueil des hommes qui l’a le plus irrité. Il est implacable pour toutes les hypocrisies et brise sans pitié le masque sur le visage des charlatans de toute robe. Cette haine vigoureuse qu’il a pour toutes les méchancetés se traduit en un sarcasme amer. Sa parole est brève et sentencieuse. Il pense comme Caton et parle comme le l’aysan du l»anube.
PROPOS T) K THOMAS VÏRELOQFE
— Sa majesté le roi des animaux !
— . . . L’homme est le r,hef-d 'œuvre de la création!... Et qui a dit ça?... L'homme.
— Ça n’a encore été éduqué aucunement... et déjà stupide!
— Mathieu n’a que ça pour lui : ne sait pas lire.
— Les cerveaux, c’était fêlé...; mais les flacons!
— Frères, possible ! mais pas cousins... pas cousins!