‹ Masques et visages GavariniChapitre 36 sur 40 · LA BOITE AUX LETTRES · texte numérisé non relu

LA BOITE AUX LETTRES

O n’est pas précisément un manuel de style épistolaire que Gavarni a voulu donner dans ce recueil de lettres; personne ne s’y trompera. On s’étonnera peutêtre de trouver dans ce livre un badinage qui pourrait paraître indigne d’un esprit sérieux, si le lecteur devait, s’arrêter à l’expression grotesque qui lui sert d’enveloppe, et en même temps on sera curieux, sans doute, de savoir si ces lettres sont originales ou inventées à plaisir. Si elles sont vraies dans le fond et dans la forme, c’est-à-dire si elles traduisent le naturel, qu’importe leur authenticité? Ce n’est pas là ce qui nous touche. Elles ont un cachet de naïveté qui est la vérité même; mais il ne faudrait pas s’y fier entièrement: l’art est un imposteur, et il n’a d’antre lin que de rap-

peler la nature par une complète illusion. Pour nous, le principal mérite de ces lettres est dans leur portée psychologique, quelque triviales qu'elles paraissent. On reconnaîtra sans peine entre autres choses, après les avoir lues, que dans tous les rangs l’amour parle à peu près le même langage, mais qu’il n’écrit pas toujours la môme orthographe.

la nom; aux lettres

« Mon cher Camille,

« Le grand dadais qui vous remettra cette lettre est bien le plus ennuyeux jobard du département (ce qui n’est pas peu dire!); mais je n’ai pas su me défendre de vous l’adresser; déharrassez-vous-pn comme vous pourrez. »

« $. « Viens me prendre ce soir je suis

sortie pour la journée nous irons à la I» comédie je suis lier de ma toilette ma maîtresse est à la campagne et j’ai essayé une robe, un chapeau une mantille à elle, tout cela me va à ravir. »

I os

« Je fini en mouillant de mes larmes la main et la plume qui ont trace ces caractère qui sont pour ainsi dire dicté par Lamour ; voyez si vous voulez me laiser en desespere, ou si vous voulez me faire Ihonneur et le plaisir de partager votre vie avec la mienne.

« Je suis pour la vie « Votre lidel et cincero aimable amie,

« Josépiiink. *

« Recevez en attendant ce leger acte de ma reconnaissance... j’attend quels qu’eclaicisemenl qui me rnaite mieux dans la connoissance de tout mes devoirs. Cet attendre nos pas sans inquiétude niellé sependant d’une tranquillité de cœur qui découlé des principes qui me porte au respecte qui mes commendé par ce que j’aime, ce respecte qui est au fond de mon cœur nourit en moi de noble sentiment et, par le même raison me fait supporter sans crainte ce que jentand qui pourai malarmé. »

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