‹ Masques et visagesChapitre 16 sur 19 · CONGÉ EN PARTIE DOUBLE · texte numérisé non relu

CONGÉ EN PARTIE DOUBLE

c Chère Adèle,

« Ma chère Adèle,

c Un événement imprévu me prive du Lonheur de vous voir demain soir.

« Je pars à l'instant pour les grandes Indes. Adieu!

Croyez aux regrets éternels de votre fidèle amant.

c Un événement imprévu me prive du bonheur de vous voir demain matin. *

c Je pars à Tinstapt pour les grandes Indes. Adieu I Croyez aux regrets éternels de votre fidèle amant.

c Oscar. »

« Anatole. »

«Ah! prenez pitié de l'état cruel où me laisse mon attachement pour vous. Emile! Emile! un mot^ un seul mot que j'attends en comptant les minutes et dans une anxiété qu'il m'est impossible de vous peindre. Je me meurs d'inquiétude. »

(Lettre oubliée dans la poche de Robinson.)

« J'ai ta lettre chérie, ô mon Ernest ! je la presse

sur mon cœur et la couvre de mes bai^rs... Qu'il

m'est doux de penser que tu en fais autant de la

mienne. Comme l'amour sait poétiser les choses

les plus vulgaires !

'< Ton Élise. »

(Ernest s'en fait des papillotes.)

LA BOITE- AUX LETTRES

« Adieu, ami, à demain ; il sera absent toute la soirée; venez de bonne heure.

« Si vous me trompiez , si vous abusiez de la simplicité de mon attachement, mon ami, ce serait bien mal!... »

a Vous avez le secret de ma vie... ô mon Alfred adoré ! vous ne le trahirez pas? »

Du château de Montgomery, 7 juillet. »

(f ... Peut-être en ai-je trop dit, mon excuse est dans mon cœur, votre changement de conduite depuis quel que jour m'étonne veuillez donc à voir la complaisance de m*en donnez Texplication je n'est pas du moins mérité ne pas avoir de réponse c'est pour moi que josse espérez que vous vouderez bien m'en faire une quel quelle soit pour quoi vous ai-je vue pour troubler mon repos et ma sécurité.

« Je suis avec estime et amitié. »

« Monsieur le sergent-major, « Le caporal Telemaque vous présente le bonjour et vous prie de ne point trouvé mauvais sur ce qu'ils ne peut se présenté a la pelle qui doit se faire jeudi six heures ctu matin, heures qu'il lui

LA BOITE AUX LETTRES. 331

est impossible de disposé vu son état.... Voila la seule cause pourquoi je ne puis me présenter. . , »

a Ma santé est autant bonne qulls est possible quels soit étant séparée de tout ce que jait de plus chère : je ne cherche pas a décrire ce que jait aouiTert. De puis notre triste séparation Hgure toi mon ange que les larmes de ton amie nont tarie que lorsque j'ai eu le bonneure dettre tirée de lenxiete ou jetais parre raport a ta santee. »

(( Ma siere amie voua me dites que vous a ves été malade sela me fait biem de la pêne vous me dites que quan j'ai quite lostre Jeoure sela vous faist vien de la pêne ma que sela vous fas pas de la pêne. »

« Ma siere épouse je vous fait bien

mes complimens a vous ynsi que ma petite je fais bien dé complimens a mes oncles étantes éa toutes anfans je fait vien de compliments a ma mère éa tou mes frères je fait vien des complimens a notre merene je fait bien de compl... »

BALIVERNES PARISIENNES

BALIVERNES PARISIENNES

Paris, cette ville si intelligente, si spirituelle, est certainement le lieu du monde où il se débite le plus d'impertinences, de platitudes et de balivernes. Les diseurs de rien y abondent et font paraître le véritable esprit fort rare. On n'en dit pas moins qu'il court les rues; mais ce sont manières de parler. Ce qui court les rues, c'est la sottise; on l'atteint toujours sans la poursuivre. Si les gens

d'esprit étaient chargés exclusivement de tenir le tapis afin d'amuser cette société parisienne qui veut être désennuyée, ils mourraient infailliblement à la peine. Il a fallu consentir à laisser passer de certaines sornettes qui sont à l'esprit ce que le strass est au diamant; on pourrait appeler cela l'esprit des bêtes. Beaucoup s'en divertissent, et c'est parfois un charmant passe-temps. On ne demande à cette sorte de saillies que du naturel. Il appartenait à Gavarni, qui nous a montré tous les genres d'esprit, de nous donner, à titre de récréation, des modèles de ce dernier genre. On voit que cet observateur curieux a suivi la sottise à la trace; mais, en homme de goût, il ne nous en donne que les traits qu'un lecteur délicat goûtera à la faveur de la naïveté qui en est le sel.

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'■•ii'l ■

— Tas peur du monde?... pour une rupture innocent I... le monde, c'est le tribunal de commerce de tous les commerces.... L'agréé de Calypso n'a jamais tort, mais l'agréé d'Ulysse a toujours raison.

— Comment ! feu mon cousin n'aurait laissé que ça! Voyons 1 je vous le demande, madame Laizardé, depuis trente-sept ans qu'il était phar-

macien! Madame Laizardé, feu mon cousin, pour sur, devait avoir des fonds placés..,.

— Sur la caisse apothicaire. . . .

— Cornichon de cabinet defleclure, va'.... je demande quelque chose de soigné : il m'envoie çal

— «La Bruyère » qu'estrce quec'eatque ça?

— Un ancien passionné pour la morale, qui est ennuyeux comme les mouches.

— Et moi qui ai manqué d'y demeurer dans cette rue-Iù ! . . . Voyons 1 viens-tu-t'en ?

— Non ! j'ai trop la colique.

— Ma poule, on n'est jamais' si bien gratté que par soi-même.

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— Je l'ai dit à Clara, j'ai dit : « On fera tant, qu'on finira par me la faire couper, ma barbe, m

— Pourtant, grand-père, si polichinelle de Séraphin n'existe pas, comment peut-il Hre menteur et coquin comme il est, et farceur ?

Se tromper de fenêtre en cherchant la nièce, et tomber chez la tante 1

— Eh! comment vous portez-vous?

— Merci I et la vôtre ?

— A vous rendre mes devoirs.... Couvrez-vous donc!...

— Mais comme vous voyez, et.... vous vous portez bien ?

— Je conçois que les directeurs doivent donner difficilement des congés à MM. les comédiens.

— Mais les propriétaires, c'est autre chose !

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— .... Moi ! qui vous parle !

— Hein?

— Moi qui vous parle !!... j'ai été plus sourd que vous!.... A présent, j'entends sonner Theure à Vincennes, à Saint-Germain, à Saint-Cloud I partout!!... C'est bigrement embêtant! allez!

— Oui, mais si vous vous querellez avec tous les amants de votre femme, vous n'aurez jamais d'amis.

— Paul I

— Hein ?

— Les milles d'Ecosse, ça n'est pas gai.

— V Emile de Rousseau non plus 1

— ' Patron 1

— Après ?

— Eh bien, j*ai rencontré c'te femme, tu sais, que son homme avait tant battue.... pas changée!

— Tant pis !

Pour ne pas afficher ses amours, sortir précipitamment par la fenêtre.

— Mon Dieu ! Fortuné , ne sois donc pas ennuyeux comme ça!

— Tu ne dis pas comment tu voudrais que je fusse ennuyeux.

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— D*aucuns disent que vot' mosieu^ mosieu Polyte, veut, sauf vot' respect, manger son bien aux truffes....

— Au turf 1 père Pigaud.

— Savez- vous, Charlemagne, ce que je prends tous les jours après mon dîner, moi?

— Pardieu I mon cher. . . . vous prenez du ventre.

— Chut!... un actionnaire qui vient toucher son dividende !

3kk MASQUES ET VISAGES.

— Certainement, c'est très-joli!... mais pour que je tienne eh pied là dedans, faudrait m'asseoir.

— Mosieu, j'avais une tante.... qui connaissait beaucoup mamselle Duchênois....

— Quelle femme était-ce?

— Ma tante ?

— Non, mademoiselle Duchênois.

— Vous allez voir ! . . . Elle parlait du nez. . . .

— Mademoiselle Duchênois ?

— Non, ma tante. Pour lors. . . .

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