‹ Masséna et sa familleChapitre 36 sur 75 · TABLEAU XVI · texte numérisé non relu

TABLEAU XVI

FAMILLE J.-B. FÉRAUDI

MaRie-Vicroie MASSÉNA

née à Nice le 17 octobre 1766

épouse le 9 janvier 1783

Jeax - Bapnisre FÉRAUDI

Thérèse FÉRAUDI

Trophyme VÉR

ANI, pharmacien

Victorine-Marie VÉRANI R. GAUTIER

Horace GAUTIER Mile SENECA

Pierre GAUTIER Maire de Nice

Mie Giczy

Jean-Baptiste VÉRANI Abbé VÉRanNr 7 ou 8 filles Naturaliste (religieuses)

Mile CHAUVET Agate VÉRANI Tiran, juge de paix

Jean-Victor V

ÉRANI

Mile Dunaarp

Trophyme VÉRANI ingénieur

Mile DaRrBEsIo

Albert VéÉrant Euphémie VÉRANI Victor VERANI

IsxarD ingénieur

Mile Colette HuBEerT

N.-B. voir tableau II la famille Féraui

D' André VÉRANI Mile MATuRIE

1 fille

Ferdinand VÉRANI Mile MARQUISE

2 enf

Raoul VÉRANI avocat

Theresita VÉRANI WuURGLER

Constance VÉRANI

D' GaxniL

Antoine FÉRAUDI, militaire au service de la France François FÉraupt du recensement de 1813

André VÉRANI, pharmacien

Mile MAGES

Colonel Féraupir

Thélise VÉRANI

Emilie VéRAnNt LEONGINI

DARBESsr0 Ferdinand DARBEsIO Alita Dargesio Claire DarBesro Marie LEeoxcixt | Gonxox 2 enf.

3 enf.

Emmanuel Leoxcnt pharmacien

enf.

LEoxcixi

enf.

LEoONcinI notaire

1 enf.

Marie VÉRANI Rave

Georges RavEeLz Paul RaveLz Fernand Rave Mile PÉcour

3 enf

très modérées ; il ne fréquenta pas la Société Populaire de Nice que le général d'Anselme et Barras créèrent à leur arrivée, alors que ses deux beaux-frères Philippe et François Masséna y furent assidus.

Quand le général d'Anselme s'occupa de réorganiser les autorités civiles, il fut nommé juge, puis la Convention Nationale des Colons marseillais le nomma président du nouveaux tribunal civil. et criminel de Nice, qui remplaça le Sénat. Il fut installé le 29 janvier 1793 et exerça ses fonctions pendant quelques mois. à

En juin 1793, si l'on en croit une pétition de H.-V. Galli aux Représentants près l'armée d'Italie, celui-ci fut consulté par le Conseil municipal de Luceram, son pays natal, pour rédiger le texte d'une délibération de cette assemblée communale protestant contre les mesures prises contre les émigrés. Galli rédigea un projet de délibération que le Conseil municipal fit sien à la date du 9 juin 1793.

En recevant copie de ce document, le Directoire du département convoqua à sa barre plusieurs membres de la municipalité de Luceram et après discussion, décréta la mise en accusation de H.-V. Galli, le déclarant coupable :

d'avoir induit à erreur tout le Conseil de la commune de Luceram et l'avoir décider par des sophismes séduisants, des subterfuges, des équivoques, des mots et des assertions erronées, à être réfractaires aux lois, à une rebellion tacite, tendante à renoncer tous les principes révolutionnaires...

en énonçant que la commune de Luceram n'ayant point concouru nipar elle ni par des représentants à la formation des lois des colons marseillais, et par conséquent n'ayant point émis son vœu à la réunion de la République française conclut que ne liyant point adoptée ladite commune, ne doit point être

'XNOS AUIOJUY-UVOL P[[NUU} EJ AX NE9[QU) HOA (})

99IN & 9.1HUJOU XAvnW uorid4”) OTIIOUVIN SQUI

of inf ÉAREDT RAI OTIHDAVEU qNH

OTIHDAVIN [9918

IHHOUV)-VLIN oi N asnodo pPuoro”)

O6: ue + TSI 90IN OTISDAVIN JSoU MT

VONISTY XI[Y 2sn0d9 [PUO[O9o-jueuanarT o£gr uuny À CFgr appiooueiJ

IFSI-CCS1 IN OTIHDAVIN AUIJSSUX

OTTIDAVE P2IV k (5) QUUSI[U}I SAUIE | 9P s (291N) 1104 np XNOY [OUOIO9 2[ [U1PU98 ‘OTIHOUVE ‘4 2SISA,[ L 2HVOIA

[PU0107) chgr uo osnoda Jo1UA9U7) 21 2snod9 2HUJIJIU I9IUQUINE ISSI-908F 99IN F9SI-00$F 9291N

TCS1-608F 99IN

ITIV£) QULIOJOIA I1IVC) SIOJUUA

9LSI-TIQE 99IN |

P6gr-TISt 99IN ITIVS) AUUE J

ITIV£) 21PUY

mehr reserperererene pong eriçoneetr einer

SOLUHLCN-Sodjy Sp 9ndop ‘oënl ‘juooay J'ITVO LNIONIA-HUONOH z6L5 joppinf Fr of ‘ooiN e esnodo

69LF 91q999pP 97 9[ ‘99IN LE 99N

VNAISSVI 12H10 TARN

LTIVL) 9I[USOH

[TI1VO ATIINVA \

c6LT [HAE € 2] 29U-JIOU VIIVO)

2SQ19UL - 2SIOJUCI,J

29IN 2p 93nd9p DIPUÂS-JU904E 9£L1-60Lr 291N

111V<) onbrunuo(f

IX NV371AVvVL

Llx “d "14

(oqes 532914 uorps2joT)) : Apres] UISNO9 uos L2 EUSSSE INT 2P 2H] sun p ILUSSELE ( 25IN “rogd ‘vauans) *[ 2419)

PE AL EL à A PAIE PAIE Drd 24 LA à , AE , - É

Dee La PES er Lrsromb og vpn #

bee va ue ge ‘ se É D eg em ecrrpe nu TER

: e À. “ie : A0) 24, re pr = ir 7 Dr Se De dr Fa rer 22ÿ (Ya 7 Va à CARTE D£ TD PORTE ai”

A rar sque à Mes ae 002

| £ g arr PTE ET Don UE ie HETE PTE

oups 7 D cd:

aa FE €

2 Q2?2< CEA A2 a

Te Am 77 CA 72e gl:

Lan NA AVATAR D A

Es Resp 33 oun Rs PAT 4 | te P PRE RES 7” ” tarte e? :

soumise aux lois françaises, ce qui équivaut à dire qu’ils veulent toujours être esclaves du tyran de Turin.

H.-V. Galli fut accusé de plus d'avoir favorisé l'évasion de son beau-frère François Masséna, capitaine des guides de l'armée, arrêté par ordre de d'Anselme et des représentants Collot-d'Herbois, Goupilleau et La Source, pour sa conduite repréhensible dans la vallée de la Vésubie et détenu à la prison de Nice.

Ce n'est pas tout encore ; Galli demanda aux représentants du peuple de casser les élections...

« faites ensuite des assemblées primaires, faites le mois d'avril dernier (1793). La cabale dirigea les Assemblées primaires, les amateurs du Bien public furent chassés avec des menaces de lanterne, et autres d’égal genre, ils furent admis à voter les banqueroutiers et les non domiciliés fut refusé le dépouillement des opérations de la première section de la ville... »

A quoi les administrateurs du département répondirent :

en signalant l’audace de Galli, qui ajoute à sa trahison les plus noires impostures en dénonçant l'élection faite dans les Assemblées primaires tenues dans le mois d'avril dernier, lorsqu'il est de notoriété publique qu'il a été l’un des plus enragés et des plus coupables lorsqu'il a été soutenu publiquement en pleine assemblée, qu'il n'était pas nécessaire d’être inscrit sur les registres des gardes nationales pour être citoyen actif... (1).

Considérant que ce ne sont que des individus tels que lui, Galli, qui en faisant parade de leur érudition en profitant de l'ascendant que leur qualité d'homme de loi leur donne sur les habitants paisibles, ignares et de bonne foi, des petites villes et villages ont occasionné les premiers mouvements contre-révolutionnaires qui se sont manifestés dans plusieurs points de la

(1) Ce fut là une manœuvre de la dernière heure des Jacobins.

République que si les autorités constituées eussent fait attaquer le mal dans sa source les vrais patriotes ne gémiraient pas des horreurs et des effusions de sang, dont le département de la Vendée est abreuvé. ,

Enfin, la conclusion sur quoi les administrateurs estiment après avoir oui le procureur général syndic en considération des pièces dont les extraits authentiques sont ci-joints et d'après le décret de la Convention nationale du 2 juin dernier, n° 932 que le mandat d'arrêt contre le nommé Honoré- Vincent Galli, soit confirmé et ils sont d'avis que conformément au décret du 29 mars, n° 668, il soit mis hors de la loi et qu’en vertu du décret du 29 mars d’après l'exécution dudit mandat d'arrêt, le nommé Honoré-Vincent Galli soit traduit devant le tribunal révolutionnaire pour y être jugé conformément à la loi.

Signés : CHABAUD, président ; Armand BERGOIN, AUDIBERT, BALMOSSIÈRE, CHARTROUX, LEBÉ, CARLON, EMMANUEL, LE Moyse, CADET, Vicniers, RIMBERT, PEYRANI fils, Dives, GasSTAUXx, v. président.

H. V. Galli se souciait fort peu de se faire juger par le tribunal révolutionnaire ; il s'enfuit à Gênes (1) où il retrouva François Masséna. Son nom fut inscrit sur la liste des émigrés et ses biens confisqués au profit de la nation et mis sous séquestre. Sa femme, Lucrèce, restée à Nice fit les démarches nécessaires pour obtenir la radiation du nom de son mari de la liste des émigrés ; elle eut quelques difficultés, le mandat d'arrêt décerné contre Galli n'ayant pu être retrouvé, mais on y suppléa par une déclaration faite devant le citoyen Gilli, juge de paix des 4" et 5" sections par les citoyens Jean-Louis Duch, Jacques Balestra et Horace Cougnet.

Par un arrêté du 9 messidor an IE (27 juin 1795) des représentant Beffroy et Chiappe, Galli fut autorisé à ren-

(1) H:-V. Galli quitta Nice le 30 juillet 1793. Nice, arch. municip. liasse € Emigrés »,

re till

trer (1) le département le raya provisoirement le 25 messidor suivant (13 juillet 1795).

Galli, rentré à Nice poursuivit ses démarches pour obtenir sa radiation définitive :

Le Ministre de la police générale (bureau des Emigrés, Paris), demanda aux représentants Dabray (l'ancien collègue de Galli au tribunal civil et criminel de Nice), et Massa, membres du Conseil des Cinq-Cents, leur avis sur H.-V. Galli, en indiquant que le citoyen Baudoin, accusateur public près le tribunal criminel du département des Alpes-Maritimes, dit beaucoup de

bien de Galli.

Cependant, citoyen, ajoute la note, si vous aviez quelque connaissance de sa conduite et sur les motifs de sa sortie de France, je vous invite à m'en faire part le plus tôt possible ainsi que sur sa moralité et celle du citoyen Baudoin.

Dabray et Massa répondirent par la lettre suivante :

3me Division Paris, le 10 prairial, l'an V.

4° Bureau N° 5804 Dabray et Massa, membres du Conseil de

— Cinq-Cents, au Ministre de la Police générale.

Citoyen Ministre,

Dans votre lettre du 6 du courant mois, vous nous parlez d'Honoré-Vincent Galli, qui demande sa radiation définitive ; le même a sans cesse prouvé par sa conduite analogue à ses sentiments et à ses principes qu'il était loin d'aimer la Révolution et ses vrais partisans ; pas moins comme après le 31 mai 1793.

Il est sorti du département des Alpes-Maritimes et du territoire français par suite du mandat d'arrêt et de mise hors la loi

(1) I revint à Nice le 15 messidor, an HIT. Nice, arch. municip. lasse « Emigrés »,

que ses écarts maintenant amnistiés lui avaient procuré et il a réclamé en temps utile sans avoir séjourné dans le pays ennemi ni porté les armes contre la République. Nous croyons que les lois du 22 germinal et 22 prairial, an III, lui sont applicables d'autant plus que l'arrêté des Représentants du peuple annulé dans la suite par décret de l’Assemblée Nationale a été confirmé par celui de l'administration centrale du 26 messidor de la même année. Quant au citoyen Baudoin, dont la déclaration lui est favorable, c'est un homme plus bête que méchant que nous ne saurions mieux paragoner qu'à une girouette tournant à tous vents.

Salut et fraternité.

Signé : DaBray (1) Massa.

Malgré cet avis, un arrêté du Directoire exécutif du 24 prairial an V le raya définitivement. Entre temps, il avait été nommé juge de paix en l'an IV, mais il ne put conserver son poste, craignant d'être visé par les dispositions de la loi du 3 brumaire concernant les personnes non rayées définitivement de la liste des émigrés. Galli informa de ce nouveau contre temps Son beau-frère le général Masséna qui lui répondit par la lettre suivante, de

(1) Joseph-Séraphin Dabray, né à Nice en 1756, était avocat fiscal provincial comme l'avait été pendant trente ans son père Pio Dabray. Mécontent, dit-on, de ne pas avoir obtenu l'avancement auquel il croyait avoir droit, Dabray se montra extrêmement violent contre le roi de Sardaigne. Il fut un des premiers mèmbres de la Société populaire de Nice, dont il refusa cependant la présidence (octobre 1792), malgré de nombreuses et pressantes sollicitations. Il fut l’un des deux membres originaires du Comté de Nice — avec H.-V. Galli — parmi les juges du tribunal civil et criminel de Nice, constitué par le général d'Anselme en octobre 1792. 11 fut nommé membre de la Convention en 1793, puis du Conseil des Anciens. Après le 18 brumaire, il fut membre du corps législatif jusqu'en 1813. A cette date, il se retira à Nice, où il devint conseiller municipal, puis juge au tribunal spécial après 1814, il renonça à toutes fonctions et mourut dans la retraite de 1831, à l’âge de soixante-quinze ans.

(Voir Toselli « Biographie Niçoise et Rance-Bourrey ». Réorganisation des autorités civiles à Nice en 1792).

laquelle il convient de retenir le jugement qu'il porte sur son cousin François Masséna :

Liberté-Egalité Armée d'Italie — 1'° Division

Au Quartier général de Padoue, le 11 vendémiaire, 6° année de la République Française Une et Indivisible.

André Masséna, général de Division, commandant la

1 Division active, à son cousin Gally,

J'ai reçu mon cher cousin, votre lettre par laquelle vous m'appreniez que vous étiez forcé de cesser une seconde fois vos fonctions de juge de paix, vous trouvant dans le cas de la loi du 19 fructidor, par la non radiation définitive de François.

Quelle maladresse de sa part de m'en avoir pas prévenu pendant mon séjour à Paris! Le tout serait fini, ce qu’on ne peut se permettre à présent, vu les circonstances actuelles. J'écris cependant à Dabray, au ministre de la police générale, et à mes amis. Pour l'obtenir, je ferai tout ce qui dépendra de moi, mais ! mais ! je crains.

François vous a écrit pour que vous fassiez passer à Dabray toutes les pièces nécessaires. N'en oubliez aucune pour que, si la chose est faisable, il n’y ait point de prétexte.

Mille choses à mon oncle, à ma tante et à tous les parents.

Je vous embrasse,

MasséNA (1).

H. V. Galli remplit à Nice d'importantes fonctions puis fut envoyé comme député du corps législatif en 1803 et il y siégea jusqu'en 1814.

Il fut aussi membre de la commission de législation du

(1) Paris, arch. privées de la famille Masséna, vol. 1, pièce 85,

Conseil d'Etat où il représenta les départements nouvellement conquis lors de la confection du Code Napoléon (1).

Après la chute de l'Empire ; il revint à Nice (2) où ül habitait dans « l’isle 12 » avec sa femme, ses enfants et une servante Catherine Vial, née à Livourne.

Le maréchal Masséna fût-1l mis au courant des démèêlés entre Galli, son cousin, et Joseph Dabray ? Cela est fort possible car le Maréchal n’aimait pas beaucoup Dabray, s'il faut en croire la lettre suivante qu'il écrivit au général Garnier, accusé par Dabray de favoriser les rapines dont les populations du Comté de Nice étaient les victimes du fait des barbets. :

Paris, 26 pluviôse, an X.

Je vous envoie, mon cher général, un exemplaire d’un écrit que le citoyen Dabray vient de faire paraître. Vous verrais que vous n'y êtes point ménagé, je ne pense pas que vous deviez y répondre, il vaut mieux garder le silence, seul mépris qu'il mérite. Vous avez un aimi vrai et sincère en moi. Soyez tranquille dès qu'il sera temps, vous serez vengé. Mes hommages à Madame, mes amitiés à nos vrais amis et croyez-moi avec un véritable attachement.

MAssÉNA (3).

De son mariage avec Lucrèce Masséna, il eut sept enfants qui furent :

Le lieutenant-colonel André Galli; Dominique Galli, avocat-syndic et député de Nice ; François Galli, aumo-

(1) Revue Hebdomadaire 1921, Conférence de M. Marie Le Roux. Journal Le Petit Niçcois du 6 octobre 1921: « A propos du Code Napoléon », sous la signature de M. A. Verquière,.

(2) Nice, arch. dép. M. 310, vol. 1, F: 61. Recensement de la ville de Nice, 1815.

(3) Journal l'Eclaireur de Nice, ?3 mai 1909, sous le titre de : « Notes sur Masséna »,

nier militaire, vicaire à l'église du Port de Nice; Mademoiselle Rosalie Galli; Victorine Galli qui épousa le chevalier Benigne Marcello, général de brigade de l'armée italienne ; enfin, Fanny Galli, qui épousa le colonel Roux, son cousin (1).

Madame H.V. Galli, mourut à Nice le 16 août 1858, à l'âge de 70 ans (2).

(1) Mentionnons également une fillette, Françoise-Théièse, mort-née le 3 avril 1793, Nice, arch. Saint-Jacques. Regist. des décès, vol. 5, Fo222.

(2) Nice, arch. cath., regist. des décès, année 1838.

Page 1