‹ Matelots et matelottes, tableau-vaudeville en 1 acteChapitre 11 sur 24 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

M- BATIFOL, ADHÉMAR.

a DU v. M Ait , sc retournant.

Ah ! ah ! voilà du monde... (Examinant M** Batifol.) Ce n’est point un canotier.

M“* BATIFOL, feignant la surprise.

Eh mais, si je n'ai pas la berlue, c'est le bel Adbéraar...

Comment! elle me connaît?

M"* BATIFOL.

l.'ami, de monsieur r'Oscar! (A part.) C’est bicu mon polichinelle de cet hiver.

ADHÉMAR

Seriez-vous la maîtresse de ce bouchon ?

M“* BATIFOL.

Je ne suis la maîtresse de personne.

ADHÉMAR

Vous êtes bien faite...

M“* BATIFOL.

J’ai été plus mince , du temps de la Caravane. M. Grétry , qui me tutoyait, me disait alors, en pressant ma taille dé guêpe : « Petite , en fuit de caravanes, j’aimerais assez à en faire avec toi...» Il était fort jovial, ce bon Crétrv.

ADHÉMAR, à part.

Qu’est-ce qu’elle me chante, celle-là, avec ses caravanes?

M m * BATIFOL.

A la même époque, le premier consul, qui ne me tutoyait pas...

ADHÉMAR, l'interrompant.-

Pardon, pardon, vous me contez là un tas de

êtes- vous?

M** BATIFOL.

Je suis canotière... associée libre.

ADHÉ1IAR.

Comment ! est-ce qu’il y a des femmes dans la société.

M“* BATIFOL.

Comme vous voyez... ça va assez bien... une société sans femmes, voyez-vous, mon cher, c’est un buisson sans écrevisses.

ADItÉMAn, à part.

Ah! c’te métaphore! littérature de l'empire.

M - * BATIFOL.

Tout se prépare pour votre réception... Armez-vous découragé, d’appétit et de monnaie... ADHÉMAR, à paru

De monnaie... diable, ça sonne mal. (Haut.) Mais ces Messieurs, où sont ces Messieurs ? esti ce qu’ils auraient fait naufrage ?

M** BATIFOL.

Tenez, écoutez, je crois que j’entends le bruit de leurs rames...

CIHKUR, eu dehors.

Au : Ls Srite du nu lin.

Laissons, au caprkc des flots,

Dcrher doucement noire barque légère;

Respirons, heureux matelots.

Les parfums de la terre,

Et ie frais pénétrant de la terre et des eaux.

M“* BATIFOL.

Ce sont nos gais nautonniers.

(Un canot élégamment pavoisé parait au fond du théâtre. Elvlre, Julia, Nathalie et les autres en descendent : cites sont vêtues en matelots parisiens chemises rouges, pantalons de toile, bas rayés, souliers k boucles, chapeau de paille.

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