SCÈNE Vlll
*<b» ELVIRE.
Aspirant, connaissez - vous les règlement et statuts de la société.
ADHÉMAR
Il y a des statues! sont-elles de Dantan ?
M** BATIFOL.
Pas de quolibets, et attention...
ELVIRE
Grelfière... inscrivez le récipiendaire...
M"* BATIFOL.
C’est cent sous... cinq francs.
ADHÉMAR
Ah! très bien! (Il les donne.)
M"* BATIFOL.
Dans la tirelire...
(Il jette la pièce dans la tirelire de Toinon.)
ELVIRE
Vos noms et prénoms.
ADHÉMAR
Adhémar Beautreiilis.. . je suis né à Carentan. . . et j'en ai vingt-six.
M"* BATIFOL.
Oh! un calcmbourg ! c’est dix francs.
ADHÉMAR
Comment, dix livres?..
ELVIRE
C’est dans le réglement.
ADHÉMAR
Alors , voilà. (11 les donne.)
M“* BATIFOL.
Dans la tirelire...
(Il jette les deux pièces dans la tircllrede Toinon.) CADET, 4 Toinon.
C’est une cérémonie très touchante.
Maintenant, il faut nous prouver que vous avez eu au moins une bonne fortune.
ADHÉMAR
J’en ai eu trente-deux.
M** BATIFOL.
Passez à la trente-unième.
ADHÉMAR
C’était cet hiver, au bal de la Renaissance.
M"* BATIFOL, a part.
Voilà mon chapitre...
ADIIÊMAR.
Une sylphide... une galopeuse infatigable et gourmande...
M“* BATIFOL.
C’est un détail incohérent.
ADHÉMAR
Elle avala successivement, sans ôter son masque... vingt glaces dont un beffteack.
M** BATIFOL.
Passons, passons... vous n’avez pas de preuves...
ADHÉMAR
J’en ai... j’en ai... d’abord, elle m a arraché le nez....
Ça ne sc peut pas...
M"* BATIFOL.
Quelle invraisemblance!
ADHÉMAR
Pas celui-là... un nez postiche...
BATIFOL.
«ç* Passons, passons... -
Cette fcnmme sensible répond an nom d’Elvire...
elvire, à part.
L’insolent...
ADHÉMAR
Élève de M ll# Fanny Elssler , pour la cachucha, et depuis moi... élève de l'amour...
EL VI RE
La preuve, la preuve...
ADIIÉMAR, tirant un long papier de son gilet.
Son portrait qu'elle m’a forcé d’accepter...
TOUTES
C’est une lithographie...
ADIIÉMAR.
Qu’elle a coloriée pour moi de ses propres doigts... pauvre petite blonde...
ELV1RE
Ah! elle est blonde...
ADIIÉMAR.
Blonde filasse... tenez, si elle n’était pas en Angleterre, je vous l'aurais amenée quand j'aurais dû la travestir en canotier.
ELVIllE.
Nous vous croyons... nous vous croyons...
Adopté, le bel Adhémar, pour les qualités morales...
TOUTES
Adopté.
M"* DATIFOL.
C’est encore dix francs...
ADHÉMAR
Encore! (Il les lui donne.)
M"* DATIFOL.
Dans la tirelire...
El. vi RE.
Maintenant... aspirant, à genoux.
ADHÉMAR
C’est gênant avec des sous-pieds.
ELVIRE, descend gravement de sa chaise.
Bel Adhémar, je confirme la nomination...
(Elle lui donne un soufllet sur la Joue droite.)
M**" DATIFOL.
Et moi aussi...
(Elle lui donne un soufllet sur la joue gauche.) ADHÉMAR.
Oh! oh!..
ELVIRE
Maintenant, le baptême du tropique.
(Chauvin avec un arrosoir, asperge Adhémar.) ADHÉMAR.
Oh! là là... assez, assez... j’en ai assez...
M“* DATIFOL.
Ne criez pas... il n’y a plus rien à faire... c'est quinze francs, le baptême du tropique.
ADHÉMAR
Je déclare que je n’en donne plus d’autres... ni les donne.) Je suis tout mouillé!
M"* DATIFOL.
Vous êtes liquidé... maintenant quand vous aurez payé la matelotte, ça sera fini...
ADIIÉMAR.
La matelotte, à la bonne heure; au moins, j'en mangerai...
TOUTES
A la matelotte...
cnuTiiv.
Toinon, Cadet... le poisson, le chaudron, les^»
*®* oignons, les champignons... je vas vous trousser
ça à la papa.
M“* DATIFOL.
Tais-toi, gargotier vulgaire, c’est moi , mes enfans qui vais faire la matelotte, et vous autres, mettez la table, le couvert, allez à la cave, montez tout le vin... chaud... chaud... prenez toutes les provisions qu’il y a dans la maison... c’est Monsieur qui paie...
ADIIÉMAR, à part.
Diable, ma bourse va .y passer...