‹ Mater admirabilisChapitre 5 sur 44 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Mater- Admirahilis est le titre donné à une pieuse composition exécutée, en 1844, à fresque et en (orme d'essai, sur la muraille d'un vaste corridoYdu couvent de la Trinité-du-Mont, à Rome.

Cette humble image, peinte dans le silence des cloîtres, n'était destinée, d'abord, qu'à satisfaire la piété des religieuses du Sacré-Cœur, qui désiraient avoir devant leurs yeux, pendant les heures de travail manuel, le modèle par excellence de tout travail: la Irùs-sainle Vierge Marie.

C'est pour cela qu'elle est représentée iilant le lin dans les parvis du Temple , à l'âge de quinze ans. A ses côtés , son panier à ouvrage, son livre entr'ouvert indiquent les calmes et studieuses occupations de celte aimable et Irès-pure Adolescente.

xviii PRÉFACE.

Aujourd'hui , le solitaire corridor de la Trinitédu-Mont est converti en un petit sanctuaire, visité par un pieux concours des pèlerins de Rome; ses parois sont chargées d'ex-voto. L'image de Mater - Admirabilis est répandue dans presque toute la chrétienté; des médailles des diverses grandeurs sont frappées à son effigie; la gravure, le bronze, les vitraux la reproduisent. Sa Sainteté Pie IX a daigné recevoir la première médaille d'or faite à Rome en 1849.

Comment la Vierge de la Trinité-du-Mont est-elle arrivée à une telle célébrité? Quelques mots du Saint-Père expliquent cette faveur. Le 20 octobre 1816, le Souverain-Pontife, visitant le couvent de^ religieuses du Sacré-Cœur, daigna prier devant la fresque et la bénir solennellement : « C'est une PIEUSE PENSÉE, dit alors Sa Sainteté, d'avoir représenté LA TRÈS-SAINTE ViERGE A UN AGE OU ELLE SEM- BLAIT ÊTRE OUBLIÉE. » Lc sccrct dc la bénédiction attachée à Mater-Admirabilis est renfermé dans ces paroles ; Marie a prouvé , par des grâces sans nombre, qu'elle agréait celte pieuse pensée.

Comment celle sainlc Adolescente appelée primitivement Madone du Lis, a reçu le nom de

Mater-Adtniralnlis1 C'est encore \c Secret de la

lii'ino. Le temps le dévoilera.

PRÉFACE. xm

Dès 1846, des faveurs insignes vinrent révéler la prédileclion de Marie pour cette simple image. Le '2 août 1846 le R. P. Folchi, jésuite, fut guéri, à Fano, au moment où sa mère priait pour lui devant la fresque de la Trinité -du-IM ont. Le 7 novembre de la môme année, M. l'abbé Blampin, missionnaire dans rOcéanie, recouvra, aux pieds de Malei'-Admirabilisy la voix qu'il avait perdue, depuis vingt et un mois, à la suite de ses fatigues apostoliques. Dans l'élan de sa reconnaissance, il demanda au Saint-Père la permission de célébrer la messe devant la fresque bénie; à compter de ce jour, le cloître privilégié devint un véritable sanctuaire.

De 1846 à 1849, des guérisons fréquentes attirèrent un grand nombre de visiteurs. En 1849, après le glorieux siège de la Ville Éternelle par les troupes françaises, beaucoup de nos soldats frappèrèiil à la porte du monastère, demandant aux religieuses quelque remède contre la fièvre. Il allaient par bandes visiter la Vierge Adolescente, qui leur donnait, en écbange de leur foi, la santé du corps, et, ce qui est d'un meilleur prix, la santé de l'àme. Le plus souvent, ils sortaient de la chapelle, attendris, pénétrés, prêts à se confesser et à mener une vie chrétienne. Dirai-je encore les conversions, les vocations religieuses qui se sont décidées devant

Page 1