‹ Matériaux de construction de l'exposition universelle de 1855Chapitre 14 sur 53 · COLONIES NÉERLANDAISES. — SUMATRA · texte numérisé non relu

COLONIES NÉERLANDAISES. — SUMATRA

À Sumatra , plusieurs variétés de grès servent de pierre à bâtir. Ces grès proviennent de Sinkarang ; ils sont à grain fin , quelquefois argileux , et doux au toucher. Le grès de couleur gris verdâtre est celui qui est préféré par les constructeurs. Il peut se diviser en plaques et il se taille trèsfacilement.

COLONIES ANGLAISES. — INDE

Compagnie des Indes (n° 113). — Au nombre des produits les plus curieux de l’industrie si variée de l’Inde, il faut assurément compter ses pierres découpées à jour comme de la dentelle.

Sous un climat aussi brûlant, une condition première des habitations est, on le comprend, de permettre le renouvellement facile de l’air. Aussi les parois des habitations sontelles souvent entièrement percées à jour, de manière à faciliter l’évaporation , et à modérer par suite la chaleur. Les pierres de construction qui se laissent le mieux découper sont des dalles de grès quartzeux et micacé ; elles ont une épaisseur de 2 à 10 centimètres, et à leur pourtour l’ouvrier a souvent ménagé une sorte de cadre d’une épaisseur plus grande. L’exposition de l’Inde nous montrait de ces grès découpés provenant de Meudzapore , près de Benarès, qui étaient très-remarquables par leur élégance et leur légèreté.

Ce ne sont pas seulement certaines parties des habitations , mais les habitations tout entières , des mosquées ?

102 ROCHES QUARTZEUSES

des édifices immenses qui sont déchiquetés sur toutes leurs parois et formés en quelque sorte de treillages en pierres. Le travail persévérant des habitants de l’Inde parvient même à découper le marbre blanc comme le grès ; l’élégant modèle du tombeau de Delhi , qui est entièrement en calcaire blanc saccharoïde , nous en montrait un exemple remarquable.

La facilité avec laquelle les ouvriers indiens évident et sculptent le grès sous forme de vases , n’est pas moins extraordinaire. Ainsi , par exemple , à Airoly, dans le Bengale , ils font des flacons et de petits vases très-élégants avec un grès blanc grisâtre veiné de rouge (n° 7684).

Les pierres découpées à jour qui sont en usage dans l’Inde n’ont pas une composition minéralogique particulière qui en rende le travail plus facile ; elles sont aussi dures et aussi difficiles à sculpter que les grès et les marbres que nous employons dans nos constructions. Leur exécution exige nécessairement une très-grande dépense de temps , et , par suite , elle n’est praticable que dans un pays dans lequel la main-d’œuvre est tout à fait à vil prix. Les pierres découpées à jour, avec leurs dessins si capricieux et si variés , peuvent donc être comparés aux châles si renommés de l’ Inde. Si ces châles restent inimitables , cela tient surtout , à ce que la dépense de main-d’œuvre à laquelle ils donnent lieu est tellement considérable , qu’on n’est pas encore parvenu à les fabriquer économiquement en Europe.

On peut d’ailleurs facilement s’en rendre compte par le bas prix de la main-d’œuvre : on estime en effet qu’à Delhi, le salaire d’un ouvrier indien qui travaille à la terre est de 5 francs par mois ; celui d’un ouvrier qui sculpte le grès est de 12 fr. 50 cent. , et celui d’un tisseur de châles ne dépasse guère 15 fr. Malgré la modicité de son salaire , chacun de ces ouvriers doit pourvoir seul à sa nourriture , et il y parvient en mangeant presque uniquement du riz.

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