‹ Matériaux de construction de l'exposition universelle de 1855Chapitre 34 sur 53 · EMPIRE OTTOMAN · texte numérisé non relu

EMPIRE OTTOMAN

Le gouvernement turc avait envoyé une trentaine d’échantillons de marbres , provenant de différents poinC de Y Empire Ottoman .

Albâtre algérien. — Nous signalerons, d’une manière toute spéciale, un albâtre algérien qui se trouve à Tokat dans l’Asie Mineure. Il était travaillé sous formes de sébilles,

MARBRES

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de boîtes, de chapelets, de colliers, de plaquettes d’ornement. Toutes les variétés de l’albâtre de l’Ysser étaient représentées depuis celle qui est blanche et transparente , jusqu’à celle qui est vert émeraude ; certains échantillons étaient aussi traversés par des veines jaune brunâtre. Cet albâtre algérien de Tokat est donc absolument identique à celui de l’Algérie. En Turquie on le désigne sous le nom de balgami. Il n’est d’ailleurs pas exploité régulièrement.

— Il y avait en outre de Y albâtre ordinaire, jaune de miel , qui provenait de Gésarée.

Marbres, — Mentionnons encore différents marbres :

Un marbre blanc , cristallin, translucide, à veines un peu grisâtres , pouvant servir de marbre statuaire , qui vient d’Andrinople ;

Un marbre blanc grisâtre de l’île de Marmara;

Un marbre blanc ou blanc brunâtre , veiné de noir, de Banderma, province de Brousse;

Un marbre rose rougeâtre d ’Âintab, en Syrie;

Un marbre jaune d ’Âlep, nommé kutchuksari-tach ;

Un marbre rouge jaunâtre ou brun rougeâtre , veiné de noir, nommé saumaki (granité) , de Capoudagh (Roumélie) ;

Un marbre blanc veiné de jaune, nommé également saumaki, et provenant de Y île des Princes (Eibeli) ;

Un marbre brèche de couleurs variées , mais assez ternes , de Mouhalitch (Brousse) ;

Plusieurs marbres bruns , brun-rougeâtres, verdâtres ou noirâtres de Fenerbaetché .

Cette collection ne donnait qu’une idée très-imparfaite des riches gisements de marbre de l’Empire Ottoman. On sait , en effet, que la mer de Marmara doit son nom à la grande quantité de marbres (marmora) que renferment ses îles. Les Romains tiraient aussi une grande partie de leurs marbres de l’Orient, et notamment de l’Asie Mineure , où Louis XIV en fit encore exploiter pour la décoration de Versailles.

— J. Chamli de Deir-el-Camar, dans la province Saïda, avait exposé un calcaire de couleur blanchâtre ou rougeâtre.

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Ce calcaire est compacte comme la pierre lithographique et il reste terne lorsqu’il est poli ; il n’aurait donc pas de valeur comme marbre.

— Enfin, parmi les produits de Jérusalem, il y avait une grande variété d’objets tournés et sculptés tels que chandeliers , tasses , manches de couteaux , etc. Ils sont faits avec un calcaire compacte, dit pierre de Jérusalem, qui se laisse très-facilement découper, et qui est tantôt noir, tantôt gris rougeâtre.

Il existe au Musée du Louvre un sarcophage rapporté par M. de Saulcy, qui provient du tombeau des rois à Jérusalem. Le calcaire qui forme ce sarcophage ressemble assez à celui duquel nous venons de parler ; il est gris brunâtre et compacte, comme la pierre lithographique ; il ne prend pas un beau poli, mais il se laisse sculpter avec une grande facilité.

ÉGYPTE

S. H. LE vice-roi (n° 1).

À Ibâlre. — D’après des renseignements que nous devons à M. Jomard, on exploite dans deux localités de l’Égypte l’albâtre qui sous le nom à’ albâtre oriental était si célèbre dans l’antiquité.

La première carrière est en face de Beni-Souef, à 25 lieues au midi du Caire ; elle a été exploitée par les Égyptiens , et plus tard par les Romains. Le vice-roi Méhémet-Ali en avait fait reprendre l’exploitation et il en a extrait l’albâtre qui décore la mosquée de la citadelle du Caire. 11 en a extrait également les belles colonnes monolithes, qu’il a offertes au Saint Père et qui se trouvent maintenant à Rome dans l’église Saint-Paul hors des murs.

La deuxième carrière d’albâtre est au delà de Syout. Elle a été récemment découverte par Sélim-Pacha, auquel le vice-roi l’a concédée. L’albâtre de Syout se distingue de celui de Beni-Souef par une couleur jaune légèrement grisâtre ; ses veines y produisent aussi des ondulations nuageuses et arrondies d’un effet assez heureux,

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L’albâtre de l’Égypte est un calcaire concrétionné, formé à la manière des stalagmites qu’on trouve dans les grottes. Il présente des veines concentriques qui sont tantôt translucides et tantôt opaques» Sa couleur varie du blanc au jaune de miel et au brun clair. Les Romains estimaient surtout les variétés opaques , à concrétions arrondies ; ils leur donnaient le nom d ’ albâtre onyx.

L’albâtre oriental a été exploité dès l’époque la plus reculée, comme le démontre la statue de Rhamsès , l’un des premiers rois d’Égypte, qui se trouve au musée du Louvre. C’est d’ailleurs la seule roche employée dans la décoration par les anciens Égyptiens , qui soit encore exploitée maintenant ; on en fait des tables , des candélabres , des coupes et divers objets d’ornements; plusieurs de ces objets avaient été envoyés à l’Exposition, où ils avaient le privilège d’attirer d’une manière spéciale l’attention des visiteurs.

MEXIQUE

Départements de Puebla et de Mexico (nos 8 et 10).

Albâtre algér ien. — 11 existe au Mexique plusieurs gisements d’un albâtre identique à Y albâtre algérien. La ressemblance est même si grande qu’il serait impossible de distinguer les échantillons des deux provenances, s’ils étaient mélangés. V albâtre algérien du Mexique peut, dans certains cas, être blanc pur et d’une transparence parfaite ; mais le plus généralement il présente des zones d’un blanc de lait. Quelquefois il est blanc verdâtre ou vert clair ; c’est ce qui a lieu notamment pour celui de Piatzla , commune d’Acatlan. La plupart des échantillons envoyés provenaient de Tekali dans le département de la Puebla ; ils étaient blancs, à zones ondulées et parallèles ; ils offraient çà et là des taches jaunes ou rouges.

Cet albâtre a été exploité au Mexique , mais d’une manière très-irrégulière; il revient d’ailleurs à un prix très-élevé, surtout celui qui a la couleur verte. On s’en est servi pour

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décorer la cathédrale de Puebla. On l’emploie également pour de petits objets d’ornements, notamment pour encadrer des miniatures.

Il serait à désirer qu’on fît quelques recherches sur son mode de gisement, afin de reconnaître s’il est le même qu’en Algérie.

L ’ albâtre algérien est l’un des plus beaux marbres qui aient été exploités , et il est assurément très-bizarre que ses gisements soient restés à peu près inconnus jusque dans ces dernières années. On a pu voir en parcourant ce rapport que les collections de marbres envoyées à l’Exposition Universelle démontrent l’existence de gîtes exploitables à' albâtre algérien non pas seulement en Algérie , comme on le croyait jusque dans ces derniers temps, mais encore en Espagne, dans l’Asie Mineure et même au Mexique (p. 155, 191 et 211). V albâtre algérien se trouve donc dans les quatre parties du monde, et comme les carrières de l’Algérie sont inépuisables, il sera facile de l’obtenir en quantité suffisante pour tous les besoins de la consommation.

Marbre rouge. — A Hueyotlipan, village de Saint-Thomas, arrondissement de Tekali, se trouve un marbre qui est compacte comme la pierre lithographique et qui a le plus souvent une couleur rouge . Il passe à des marbres brunâtres, jaunâtres ou grisâtres. On y observe aussi des veines fines et ondulées. Un des échantillons exposés rappelait le rouge antique. Il parait que ce marbre a été employé à Mexico pour décorer les églises Santa-Theresa et San-Felippe-de-Jesus.

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