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EMPIRE FRANÇAIS

M. H. Bex. — M. H. Bex est l’un des principaux stucateurs et marbriers de Paris; plusieurs objets sortant de ses ateliers se trouvaient à l’Exposition. Le tableau suivant indique , pour Paris , le prix du mètre carré poli de quelques variétés de stucs.

Nature de la roche imitée par le stuc.

Prix

du

mètre carré poli.

Marbre blanc statuaire ; stuc appliqué à la brosse .

Marbre blanc veiné, jaune antique, etc.; stuc posé à la truelle. Sarrancoiin , Brèche d’Alet, Brèche africaine. .........

Serpentines, marbre vert Campan , portor, griotte .

Granités et porphyres . . .

Pour tous les stucs à la truelle , il faut compter en sus 4f,50 d’épannelage. Pour les granités ou les porphyres, la taille augmente encore le prix de 3 fr.

PLATRES.

Parmi les travaux exécutés par M. H. Bex , nous citerons la galerie des Batailles et le nouvel escalier du palais de Versailles , la salle des séances et la bibliothèque au palais du Sénat, les appartements de réception des ministères d’État, de la Justice et des Affaires étrangères, plusieurs églises de Paris. Il a fait en outre quelques travaux assez importants en Angleterre pour MM. Hope et de Bothschild.

M. A. Bex. — M. A. Bex fabrique également des s tes et même sur la plus grande échelle. Il emploie aussi le plâtre aluné, et dans ces derniers temps il a cherché à utiliser dans les constructions un mélange de plâtre et de résine.

On lui doit plusieurs travaux remarquables , notamment ceux du Conservatoire des arts et métiers , de la Sainte- Chapelle , de la cathédrale de Bayonne , du Théâtre-Italien et surtout de l’hôtel de ville de Paris.

M. Lemesle (n° 4310). — M. Lemesle exploite la carrière de gypse de Lagny, dans laquelle il occupe 8 ouvriers. Comme le gypse de Lagny a une couleur blanche, on le recherche beaucoup pour certains usages. Ainsi, on s’en sert comme albâtre gypseux dans la marbrerie ; de plus les fabricants de papier et de couleurs l’emploient cru, après l’avoir pulvérisé. La quantité de ce gypse qu’ils consomment est à peu près de 15,000 q. m. par an.

M. Lemesle possède d’ailleurs une usine à Paris, dans laquelle il fabrique du plâtre avec le gypse de Lagny et aussi avec celui de Pantin. Cette usine occupe 15 ouvriers et compte 10 fours qui sont analogues aux fours de boulangers. Le plâtre qu’on obtient est parfaitement blanc et les artistes s’en servent pour la reproduction des statues. La plus grande partie de ce plâtre est consommée dans les manufactures de porcelaine , dans lesquelles il sert à fabriquer des moules. Une partie est aussi mélangée avec 2 pour 100 d’alun et vendue aux stucateurs de Paris qui l’emploient comme plâtre aluné.

Depuis quelques années M. Lemesle fait des bas-reliefs et différents moulages avec du plâtre de Lagny trempé

PLATRES.

dans l’acide stéarique ; il obtient ainsi une matière qui , à cause de la grande pureté du gypse de Lagny , est supérieure à celles qu’on pourrait produire avec le gypse ordinaire. Elle possède tout à fait l’éclat et la transparence de l’ivoire. Coulée dans la gélatine, elle donne des moulages qui sont très-remarquables et qui reproduisent les détails les plus délicats avec une exactitude parfaite.

M. Crapoix (n° 7847). — M. Crapoix fabrique à Paris des stucs avec du plâtre de Lagny et de la colle de Givet. 11 emploie aussi le plâtre aluné . Les principaux travaux qu’il a exécutés se trouvent au château de Neuilly, au palais du Corps législatif et à l’Élysée.

M. Jabert (n° 4299). — M. Jabert, de Clermont-Ferrand, a exposé des tablettes et des colonnes en stuc imitant trèsbien les principales variétés de marbre. Ces stucs qui sont fabriqués avec soin, se vendent à des prix peu élevés.

MM. Chartier et Dufour (n° 4266). — MM. Chartier et Dufour dirigent maintenant l’usine que M. Savoye a créée à Maison s- Al fort pour la fabrication du plâtre aluné.

Dans ces derniers temps on a mélangé le plâtre aluné à 2 parties de sable et on en a fait des mortiers pour la grosse maçonnerie. Avec une partie de sable, le plâtre aluné donne un mortier très-dur qui peut être utilement employé à la fabrication des dalles. Quelques peintres en bâtiment l’ont substitué au mastic pour le rebouchage des murs sur lesquels on doit appliquer la couleur.

Divers architectes l’ont employé pour des travaux importants; nous citerons notamment MM. de Gisors, Gilbert, Moreau, Philippon, Yaudoyer, en France; MM. Hopper, Higgins, Barry , en Angleterre. Ces travaux ont été faits au ministère de l’intérieur, au château de Versailles, au palais du Sénat, au Conservatoire des arts et métiers, à Paris; au château de Windsor, au palais Buckingham, à Guildhall et au Royal Exchange , à Londres.

M. Profilet. — Plâtre aluné . — Le plâtre aluné a été employé par M, Profdet, à la fabrication des meubles en mo-

PLATRES.

saïques. Les mosaïques en plâtre aluné ont des couleurs vives et durables qui leur sont données par des substances minérales. Elles ont sur les mosaïques en pierres naturelles l’avantage de se laisser travailler plus facilement. Elles sont supérieures aux mosaïques en bois par leur durée ainsi que par la fixité de leurs couleurs. Leur incrustation se fait, soit dans le bois , soit dans la pierre. Elles remplacent trèsbien les ouvrages en marqueterie et ébénisterie ; elles peuvent aussi servir à décorer les parquets, les vestibules, et certaines parties des constructions.

M. J. Grosset (n° 4291). — Plâtre composé. — M. Grosset fabrique une pierre artificielle, avec du plâtre, de l’alun, de la limaille ou des battitures de fer. Il en fait des briques creuses, ainsi que des tuyaux creux de cheminées, d’après le système proposé par M. Gourlier L Ce produit a l’avantage d’être assez solide, et surtout très-léger ; mais il résiste mal aux intempéries, et nous avons constaté qu’il se ramollit considérablement par l’action prolongée de l’eau dans laquelle il finit même par se désagréger. Les tuyaux de cheminées qui sont en plâtre composé, sont d’ailleurs très-réguliers et s’emboîtent aisément l’un dans l’autre ; de plus, il sont bien lisses à l’intérieur, en sorte que la suie n’y adhère pas fortement; cependant de même que les tuyaux en terre cuite, ils ont encore l’inconvénient de se fendre par l’action de la chaleur, en sorte qu’ils peuvent donner lieu à des incendies.

M. Dümesnil (n° 4452). — M. Dumesnil, fabricant de plâtre à Mareuil-les -Meaux, avait présenté plusieurs produits qui ont attiré l’attention de la Classe XIV.

Four à plâtre. — Signalons d’abord son nouveau four pour la cuisson du plâtre.

Ce four se compose de deux parties : la première est le foyer, qui a la forme d’un cône renversé; la deuxième est le four proprement dit , qui présente à peu près la forme d’un cône tronqué. Les détails de construction de ce four

1 Bulletin de la Société d’Encouragement, avril 1854, p. 237.

PLATRES.

exigent nécessairement une figure, et on les trouvera dans le rapport fait parM. Jacquelain à la Société d’ Encouragement1.

Nous remarquerons seulement que le four Dumesnil est chauffé au bois et cuit 35 mètres cubes de plâtre par jour ; de plus, le prix de revient du mètre cube est seulement

de . 4f,28

Or, quand on cuit le plâtre au bois et en culée ,

le prix du mètre cube est de . 6f,06

Par conséquent le four Dumesnil serait beaucoup plus avantageux et donnerait, par mètre cube de plâtre, une économie de . lf,78

Plâtre composé. — M. Dumesnil fabrique aussi un plâtre composé, avec lequel il obtient une pierre factice2.

Cette pierre est composée de plâtre auquel on ajoute une petite quantité de chaux , d’alun, de colle ou de gélatine; on y met aussi de l’ocre jaune comme matière colorante, et on en fait un mortier en y ajoutant une certaine proportion de sable ou de cailloux.

L’idée d’introduire de la chaux dans le plâtre est déjà ancienne ; elle a été émise par M. le baron Thénard. M. le général Morin a constaté en outre que la résistance du plâtre gâché à l’eau est seulement de 5 , tandis quelle est de 7,3 pour le plâtre gâché au lait de chaux. Il paraîtrait résulter aussi d’expériences faites par M. Jacquelain, que le mélange d’un peu de chaux au plâtre donne de bons résultats; car lorsque cette chaux s’est carbonatée, ce qui exige au moins une année, le plâtre mélangé de chaux présente une résistance à l’écrasement qui est notablement plus grande que celle du plâtre ordinaire , et qui peut même devenir double.

Les proportions très-faibles d’alun et de colle que M. Du-

1 Rapport fait par M. Jacquelain au nom du Comité des arts chimiques sur un four à plâtre de M. Dumesnil. Bulletin de la Société d’Encouragement, 4 855.

2 Rapport fait par M. Gourlier au Comité des arts économiques sur les carreaux en pierre factice de M. Dumesnil . — Bulletin de la Société d’Encouragement , 53“ année, 2e série, t. I , avril 4854, p. 237.

PLATRES.

mesnil ajoute à son plâtre, ne paraissent d’ailleurs pas augmenter beaucoup sa résistance à l’écrasement.

Les pierres factices de M. Dumesnil sont tantôt pleines , tantôt creuses. Il en fabrique des chaperons, des entablements , des plinthes et diverses moulures. 11 en fait également des carreaux pour dallages. Le tableau suivant donne le poids ainsi que le prix de ces carreaux :

Carreaux creux et pleins.

Épaisseur.

Poids

du

mètre.

Prix

Paris.

Mètre superficiel formé par 5 carreaux, j ^reuaf * Mètre superficiel formé par 5 carreaux, j

Mètre superficiel formé par 5 carreaux. | j^ua*

Id.

Id.

La pierre factice de M. Dumesnil a déjà été employée dans plusieurs constructions, et M. Gourlier a reconnu quelle est très-supérieure au plâtre, quelle a l’avantage d’être moins chère que la pierre ordinaire, et qu’elle peut rendre des services dans toutes les constructions intérieures.

M. Dufailly (n° M71).

Machine à pulvériser le plâtre. — Il reste ordinairement dans le plâtre des fragments qui ont échappé à la pulvérisation. Ces fragments, que les ouvriers nomment la mouchette, donnent lieu à une certaine perte que permet d’éviter une machine très-simple inventée par M. Dufailly. Cette machine, nommée sas à cadre mobile, consiste en un tamis à secousse, qui laisse traverser le plâtre suffisamment fin, mais qui rejette les fragments trop gros sous un cylindre broyeur.

Une expérience faite par la chambre sydicale des entrepreneurs en maçonnerie, a montré que le plâtre du commerce passé à cette machine, éprouve un foisonnement de 10 pour 100 ; par suite il en résulte une économie égale dans

PLATRES.

son emploi. En outre ce plâtre se combine aune plus grande quantité d’eau, en sorte qu’à volume égal il est plus avantageux : ainsi, 10 litres de plâtre passé à la machine ont consommé 11 litres d’eau, et ont suffi pour crépir une surface de 1 mètre, tandis que 10 litres de plâtre ordinaire n’ont employé que 10 litres d’eau et ont couvert seulement une surface de 0m,8â : à volume égal le plâtre passé au sas donne donc encore une économie de 16 pour 100.

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